Avoir 20 ans à Londres avec Paul
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Avoir 20 ans à Londres avec Paul

Mathilde Riboulleau le 19.09.18

Paul a 24 ans, mais comme il le dit « tout le monde pense que j’en ai 14 ». Originaire de Saint Cloud, il a obtenu un bac ES en France et un Bachelor en Hospitality Management en Suisse. Lorsqu’il était un peu plus jeune, il ne savait absolument pas quoi faire de son futur, mais une chose était sure : « je ne voulais surtout pas être comme les autres ». 

Venant d’un milieu favorisé, il s’est souvent retrouvé avec des personnes vivants dans un monde parallèle comme il le raconte : « des personnes visant la lune, car papa et maman pouvaient les aider à y arriver ». Paul est ainsi allé à l’opposé de cela. Il a donc toujours voulu y arriver sans l’aide de ses parents, sans piston : « je voulais être riche mais je remarque de plus en plus en vivant à Londres que l’on a pas besoin de cela pour être heureux ». 

Londres : « do what you want, become what you dream »

Paul a emménagé à Londres car il a eu une opportunité d’emploi qu’il ne pouvait pas refuser. Il était déjà venu il y a 2 ans pour un stage et il s’était d’ailleurs promis de ne jamais revenir. À ce moment là, Paul habitait dans l’ouest et n’a pas apprécié ce coin de Londres : « c’est un quartier trop résidentiel, hors de prix, des poussettes en veux-tu en voilà, rien pour sortir, j’avais peu d’amis, une mauvaise ambiance… ». Après cette expérience, il a donc beaucoup réfléchi avant de revenir. Finalement il ne regrette pas une seconde. 

Pour Paul Londres signifie "Do what you want, become what you dream". Il l’affirme : « C’est tres "gnan gnan" mais c’est ce qui m’a fait me rendre compte que Londres est certainement l’une des villes les plus dures et exécrables, c’est avant tout une des villes les plus multiculturelles où tout le monde peut y trouver sa place, devenir qui il veut. » Néanmoins, s’il devait évoquer un point négatif sur la capitale anglaise : « c'est un point de passage, on s’attache aux gens alors que la plupart restent pour un temps défini et repartent, il faut tout recommencer à chaque fois ». 

Amoureux de la musique électronique 

Aujourd'hui, outre son travail pour une grosse compagnie ferroviaire, Paul travaille sur plusieurs projets musicaux. À vrai dire, la musique électronique fait totalement partie de sa vie. Il travaille pour les Chineurs de Londres, un groupe Facebook regroupant les amoureux de musique électronique sur Londres. Il travaille également pour Novaj新し, une chaine youtube s’inscrivant dans le sillon de grand nom comme Houseum, Chineurs de House, ou encore EELF, une chaine youtube qui relaie les nouveautés House et produit ses propres vynils et EP. Sinon Paul entretient toujours des "side projects" et entreprend des projets avec ses colocataires, ses amis, ou seul. 

Les Chineurs de Londres, un rêve devenu réalité 

Les Chineurs de Londres, c’est un satellite de la maison mère la Chinerie, une communauté de diggers qui partagent de la musique sur Facebook, lors d’évènements, dans des festivals. Il existe des groupes dans plusieurs capitales comme Paris, Lyon, Madrid ou encore Berlin. Le concept est simple : « L’idée derrière était de rassembler les français qui arrivent en masse sur Londres et de continuer à partager notre amour pour la musique électronique à travers tout type d’events ». Paul fait partie de CDL depuis les débuts. Il a rencontré Charles, le boss, qui l’a embarqué dans cette aventure et il n’en est jamais sorti...

L’expérience CDL a permis à Paul de réaliser son rêve : « je suis proche de ma passion tous les jours, on organise des records fair, des soirées inoubliables, des open turntable avec des personnes de tous niveaux, des styles bien différents, qui nous ont fait partager des moments unique, mais ça m’a aussi énormément fait murir d’un point de vue professionnel et relationnel.»

Néanmoins, Paul et l’équipe des chineurs ont décidé de ralentir la cadence et créer un nouveau projet. Paul a envie de proposer des évènements plus discrets, moins sur les réseaux, moins dans l’apparat, plus dans le concret. Le but ? Proposer des évents avec un line up plus electro/minimale, avec comme objectif de rassembler les gens dans des endroits plus insolites avec une atmosphere differente. Leur nouveau projet pointera le bout de son nez pour la session winter qui approche. 

Hackney Wick à jamais

Ce n’est pas pour rien que Paul aime la fête, la musique et vivre en communauté, il vit à Hackney dans une warehouse. Depuis qu’il est installé ici, Paul à changé très souvent de quartier. Il est resté un moment sur Bethnal Green, à Bow, Mile End, Whitechapel, Haggerston, Hackney Central et il vit maintenant avec une quizaine de personnes dans une warehouse à Hackney Wick, et comme il le déclare « Hackney Wick, à jamais! ».

Mais pourquoi autant d’amour pour ce coin de Londres ? : « Ce quartier est mythique, il a abrité les plus grands artistes, les plus grandes soirées, voire les plus beaux projets ». Pour le jeune homme, c’est une pépinière de personnalités et personnages fantastiques qui font de ce quartier un endroit si particulier. Paul a cette vision d’Hackney comme un petit village où tout le monde se connait, et pour lui : « à Hackney on se sent en dehors du temps ».

©Denis Padron Benitez

Connu pour être un quartier de fêtard, Paul explique qu’Hackney est également un quartier très calme, ce qui permet d’apprécier l’architecture des warehouses et les multiples graffitis qui les jonchent, la créativité est omniprésente. Il évoque sa vie en warehouse comme quelque chose d’unique : «  je vis avec plusieurs personnes de nationalités et de parcours différents, tous géniaux, dans un grand espace poussant à la créativité ».

Sa warehouse peut être aussi définie comme un living working space, parfois il y a des expositions dans le salon, des préparations pour la fashion week entres autres : il s’y passe constamment des choses, on ne s’ennuie jamais. Lorsqu’on parle du Brexit, en tant qu'amoureux du Nord est de Londres, Paul répond cash : « À vrai dire, je suis plus préoccupé par les warehouses qui ont été rasées au bout de ma rue pour construire d'horribles barres d’immeubles ».  Pour la suite, sans aucun doute, Paul compte bien profiter des derniers instants de Hackney Wick!

Les endroits préférés de Paul à Londres :

- Hackney Marshes 

- Vinyl Pimp

- Ywick Park 

Les artistes préférés de Paul à Londres : 

- AMS (acme)

- Balsat (acme) 

- Josh Rawl (sentaku)

Crédits photos : Open Turntable / Denise Padron Benitez / Jan Bernet / Piaf

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