Rencontre avec Camille Walala la Française qui met Londres en couleurs
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Rencontre avec Camille Walala la Française qui met Londres en couleurs

Nadège Alezine le 30.08.18

114 000 abonnés sur son compte Instagram à ce jour et des murs qui portent ses empreintes colorées de Melbourne, Brooklyn, en passant par Cleveland et bien sûr Londres. Camille Walala invente, imagine et colore l’espace urbain depuis 2009, date à laquelle elle a lancé son Studio Walala à Hackney.

Originaire de Provence, celle qui rêvait de travailler dans l’Eurostar en arrivant à Londres en 1997, a fourbi ses armes dans la restauration, pour enfin trouver sa voie dans le graphisme design. Diplômée de l’université de Brighton en Textile Design, elle a débuté en vendant ses imprimés sur Broadway Market. Depuis, elle a collaboré pêle-mêle avec Nintendo, décoré le night-club XOYO, imaginé un labyrinthe à la Now Gallery, fabriqué un château gonflable pour la London Design Week et une façade d’immeuble à Old Street porte son nom. Un succès made in London.

Vous êtes arrivée à Londres il y a 20 ans. Qui était alors Camille Walala en 1998 ?

Je venais de Provence et j’étais étudiante en Deug de lettres quand je suis arrivée. Je suis d’abord restée trois mois car mon père voulait que j’améliore mon anglais. Puis, j’ai tellement aimé Londres qu’après mon Deug, je suis revenue. D’abord, j’ai été serveuse dans des restaurants à Camden : je ne savais pas trop quoi faire dans la vie. Camden, à l’époque, c’était idéal quand on a 20 ans ! Je sortais beaucoup. Puis, j’en ai eu marre de la restauration, j’ai suivi des cours du soir en dessin, en poterie : j’ai un peu tout essayé. Et, en fait je suis tombée sur une super prof et je me suis lancée dans le textile et je suis allée étudier un BA à Brighton.

J’avais 32 ans quand j’ai fini mes études. Je ne savais pas quoi faire. Alors je suis allée travailler à L’eau à la bouche sur Broadway Market et là, la femme du patron m’a proposé d’imprimer mes tissus et de les vendre. J’avais un petit stand sur Broadway Market et on m’a proposé de faire la décoration d’une boîte de nuit ! On m’a dit : “tu t’éclates, tu fais ce que tu veux !” C’était le XOYO. Une super opportunité pour moi. Quand on a terminé le projet, j’ai tout de suite vu que les gens étaient excités de voir mon travail : c’était un style jamais vu à Londres en 2012.

Quel est le projet dont vous êtes la plus fière aujourd’hui ? et pourquoi ?

Là, je ne sais pas, tous les projets sont différents mais un coup de cœur va à Londres et au building d’Old street. D’ailleurs, il s’appelle : “Dream come true.” Là, je me suis dit : “enfin à 40 ans, j’ai réussi !” (rire)

C’est quoi le style Walala, pour vous ?

Je ne sais pas trop : on dit souvent “tribal pop” mais c’est un mélange de plusieurs influences. Des influences africaines, du style des années 80…

Votre univers artistique est coloré, joyeux et géométrique. Mais quels sont les adjectifs que vous utiliseriez pour le décrire ?

Pop ? Je ne sais pas trop… Ça sonne mieux en anglais, je trouve : “pop and playful”. 

Vous vivez à Hackney et c’est là aussi où vous avez installé votre studio. Quels sont vos endroits préférés de Londres ?

East London, Hackney toujours. Brixton, j’adore aussi. J’y vais souvent voir une copine, du coup je fais ma valise et j’ai l’impression de partir en week-end ! (rires) J’aime bien Barbican aussi pour son architecture brutaliste. 

Et l’endroit où vous ne mettez jamais les pieds ?

Je ne sais pas trop… J’aime bien me balader à pied. Un peu partout.

Si Londres était une couleur, quelle serait-elle ?

Un peu gris ou couleur brique, c’est pour cela que j’ai envie d’y mettre des couleurs.

Si vous ne viviez pas à Londres : où iriez-vous vivre ?

C’est la question ! Le soleil commence à me manquer. Je vais aller en Californie dans quelques mois et ça pourrait me tenter. Je me pose souvent la question. Un endroit où il fait beau ! (rire)

Vous vivez à Londres depuis 20 ans. Vous sentez-vous plutôt londonienne, plutôt française, les deux ?

Londonienne, sans hésiter ! D’ailleurs, cela fait plus longtemps que je vis à Londres qu’en France : j’adore cette ville !

Crédit Photo: Charles Emerson.

Le Walala Land à Londres

Sur Old Street : la façade d’un immeuble a été totalement habillée par Camille Walala.

À Southwark : Camille a décoré un passage piéton dans le cadre de Better Bankside.

À Shoreditch : une façade d’une petite maison qui se trouve à deux pas de la station Shoreditch High street.

Sur le canal : le studio Walala a aussi décoré une péniche que l’on peut voir voguer près de Broadway Market.

 

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