Une journée à Londres avec David Aiu Servan-Schreiber
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Une journée à Londres avec David Aiu Servan-Schreiber

Sidonie Gaucher le 29.06.18

7h Il est 8h à Paris, et sur France Inter c’est l’heure de Boomerang d’Augustin Trappenard, qui me réveille.

8h Sur une chaise dans ma salle de bains, je fais 10 minutes de méditation avec l’appli Headspace, la voix de Andy Puddicombe est incroyablement apaisante.

10h J’arrive à mon studio et commence à travailler le ciment qui formera mes “Planètes”, une série de peintures qui a donné beaucoup de variations (Fragment, Stitches, Blazar, etc.). L’idée de ce travail est venue des profondeurs, où l’on comprend que vivre sans spiritualité revient à traverser un enfer perpétuel. Croire, mais en quoi ? En Dieu ? Les religions sont relatives… J’ai toujours sur moi ce petit chapelet offert par Pomellato après une collab’, qui me le rappelle. J’y ai ajouté une croix de vie, symbole d’une religion égyptienne qui n’existe plus aujourd’hui. À quoi se fier ?

11h Une fois que mon cercle de ciment est sec, je le couvre de feuilles d’or. On peut y voir une référence à l’iconographie religieuse, mais surtout, une invitation à dépasser les systèmes de croyances et opérer un retour à la source, à l’unité, à l’apaisement.

12h Livraison de l’olivier que je vais offrir à Fiamma, ma femme, pour ses 10 000 jours. C’est mieux qu’un anniversaire, non ? En enlevant les mauvaises herbes du pot, je me demande : “Comment sont-elles arrivées là ? Est-ce simplement la mise en présence de deux planètes ? La terre, le soleil. Voilà l’origine de la vie.”

14h Je déjeune avec Marine Tanguy, dont l’agence MTArt s’occupe de promouvoir mes œuvres. Nous travaillons sur la thématique de la déforestation et, au chalumeau, je brûle en partie mes toiles, ce qui leur donne un aspect beaucoup plus dark, et qui est le symbole de la destruction subite de ce qui a mis tant d’années à être là.

16h Je retourne travailler au studio. Le travail d’artiste demande beaucoup d’organisation car au-delà de la partie créative, il y a beaucoup d’admin et de logistique. Et comme disait Brel, “le talent ça n’existe pas. Le talent c’est d’avoir envie de faire quelque chose”, et si un artiste dure, il n’y a pas de secret : c’est qu’il travaille dur.

18h À cette heure-là, dans ma vie d’avant, je serais en train de préparer un événement pour Sotheby’s. Mais un beau jour, j’ai démissionné, en hommage à mon véritable travail.

20h J’enfile mon masque à gaz, sors les bombes de ma poche et commence à taguer un mur. Mais pas d’inquiétude, c’est tout à fait légal puisqu’on me l’a commandé pour une collab’ avec Kiehl’s. Je renoue aussi avec mes anciennes amours du street art, le pochoir.

23h Je m’endors après avoir joué à Peak, une appli qui stimule l’agilité mentale. “Se maintenir !” comme dit l’un de mes grands amis qui, à 90 ans, est toujours pétillant. Des projets futurs ? On me pose toujours cette question alors que l’important n’est-ce pas le moment présent ?          

DavidAiu.com

 

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