Etre fille au pair à Londres en 2018
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Etre fille au pair à Londres en 2018

Marie Gaudard le 19.06.18

Au Royaume-Uni, on compte près de 100 000 filles au pair, dont 75% vivent à Londres. Une solution de garde peu onéreuse pour les familles et un séjour linguistique pour les jeunes :  être au pair semble être une pratique qui arrange tout le monde.

Sophie Lionnet

Sophie Lionnet. Crédit photo: © All rights reserved Met Police UK

Mais que dire de ce petit arrangement, depuis la mort tragique de Sophie Lionnet, en septembre dernier ? Cette jeune fille au pair française s’est faite assassinée par sa famille d’accueil lors de son séjour à Londres et ce fait divers a fait la Une des journaux des deux côtés de la Manche. On s’est penché sur le quotidien de ces « gardiennes d’enfants » et de leur famille d’accueil, pour savoir si, être au pair à Londres, était toujours un « bon plan » ?

Un fait divers chez les au pair

Lorsque le meurtre de Sophie Lionnet a eu lieu, ce drame a bouleversé toute une communauté, celle des « au pair » londoniennes :

 « Je me rappelle avoir été vraiment choquée et très attristée. J’ai pris conscience de la situation dans laquelle se trouvaient certain(es) au pair. Ils sont parfois traités comme des esclaves. Au-delà d’éventuelles violences physiques, la violence psychologique existe et ne doit pas être oubliée. Quitter son pays, sa famille pour vivre cette aventure peut nous mettre en position de faiblesse et certaines familles en profitent. » décrit Juliette*, fille au pair à Londres où elle s’occupe de 4 enfants.

Même si Natacha*, au pair depuis le mois de mai, n’était pas en fonction au moment où Sophie a été tuée, elle explique : « Je pense que l’Affaire Sophie Lionnet est désormais un symbole représentant le manque d’encadrement des au pair, et l’abus des familles. Je fais partie de nombreux groupes d’au pair sur Facebook et assez souvent quand une jeune fille ou garçon d’ailleurs racontent leurs soucis, on leur rappelle cette affaire »

De ce fait, lorsque l’on veut être fille au pair, la première étape est de bien choisir sa famille. Si beaucoup d’au pair trouvent leurs familles sur Aupair World de manière gratuite, les familles quant à elles doivent payer pour contacter les au pair. Cependant le coût est moins élevé que lorsque l’on passe par une agence.

Recruter son au pair

Pour Pauline*, mère de famille, cela a été très simple : « Nous avons recrutés nos au pair sur Aupair World. Nous regardons les profils des jeunes filles intéressées par notre profil de famille puis si cela correspond à nos attentes nous demandons directement à faire un rendez-vous Skype. Puis, par la suite, si elles sont d’accord pour intégrer notre famille et que nous avons eu un bon feeling…nous convenons d’une date d’arrivée pour rejoindre notre famille. »

Il arrive aussi de trouver une famille via Facebook, comme Fanny* : « J’ai eu une première expérience de 2 mois dans une famille monoparentale française, ça ne s’est pas très bien passé, la mère était très oppressante, je l’ai trouvé sur Aupair World. Ma famille actuelle m’a contacté directement via Facebook car j’avais publié des messages sur des groupes spécifiques comme quoi je souhaitais changer de famille au plus vite. »

Des contraintes

Il y a aussi des inconvénients, la contrainte des horaires en fonction de l’organisation des familles, il n’est pas toujours possible d’inviter des ami(e)s dans la maison. De plus, certaines fois, les au pairs ne sont pas toujours totalement indépendantes. Juliette* raconte :

« Vivre avec une famille demande de faire des compromis et cela peut parfois être difficile pour une personne habituée à vivre d’une façon totalement différente. C’est pour cela qu’il est très important de bien discuter avec la famille au préalable. »

Entre rêve et réalité

Parfois, entre rêve et réalité, il peut y avoir une grande différence mais il y a aussi de belles expériences à vivre en tant que fille au pair. C’est le cas pour Juliette, « J’aime énormément ce travail. Je pense que l’expérience dépend vraiment de la famille d’accueil. La mienne est vraiment adorable. Je n’ai donc pas toujours l’impression de travailler. Je passe souvent du temps avec la famille en dehors de mes heures de travail. Cependant je n’envisage pas non plus de faire au pair toute ma vie. »

S’adapter à la vie au pair

En tant qu’au pair, l’adaptation au sein de la famille est primordiale. Vivre dans une maison qui n’est pas la sienne avec des inconnus et s’occuper d’enfants peut être difficile au début.

« L’adaptation dans ma famille a été rapide. Ils ont été très accueillants et très compréhensif car, même avec un niveau correct en anglais, la barrière de la langue demande quelques ajustements. Il est parfois difficile de s’intégrer à la famille. Mais le temps permet à chacun de trouver sa place. » explique Juliette*.

 

L’avis de la famille d’accueil

Pauline* explique la vie depuis que son au pair est à la maison « Nous faisons rarement des activités familiales avec notre au pair car quand nous sommes présents nous n’avons pas besoin de son aide et nous préférons nous retrouver en famille et qu’elle profite de sa vie Londonienne. En revanche, cela peut arriver que nous fassions une sortie au pub le dimanche et nous lui proposions de se joindre à nous. »

Même si être au pair peut être une belle expérience pour ces jeunes, certains avouent qu’ils ne feraient pas ce métier toute leur vie. Cependant, ils sont nombreux à recommander cette expérience à leurs ami(e)s, à la condition de bien choisir la famille et de savoir prendre certaines précautions.

Au pair mode d’emploi

Ce que dit la loi en Grande Bretagne : La réglementation du Royaume-Uni concernant les jeunes au pair signale qu’ils ne sont pas considérés comme des employés. Ils doivent avoir leur propre espace privé et manger les repas principaux avec la famille d’accueil, gratuitement. Ils peuvent aider pour les tâches ménagères et la garde d’enfants pendant environ 30h par semaine et ont droit à de l’argent de poche « raisonnable ».

Quelques adresses utiles :

-  Le Consulat général de France à Londres peut vous aider en cas de problème. 

- Le groupe Facebook AU PAIR ET NANNY A LONDRES 2017/2018 

- Le groupe Facebook Au Pair Not Slave (mauvaises expériences, familles à signaler, parlons-en) 

- L’agence Aupair World 

 

NB : *Les prénoms des personnes interrogées ont été modifiés par souci de discrétion vis-à-vis des au pair et de leur famille d’accueil.

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