Le gouvernement britannique répond aux expatriés français
BREXIT

Le gouvernement britannique répond aux expatriés français

Melanie Tuel le 02.05.18

Les questions relatives au texte de retrait (‘withdrawal text’) et son impact sur la vie des citoyens européens du Royaume-Uni a été le thème principal de la réunion des citoyens français au Royaume-Uni la semaine dernière.

L’ambassadeur du Royaume-Uni en France, Edward Llewellyn, a ouvert la session dans un français parfait pour insister sur l’importance de l’amitié et de la solidarité franco-britanniques. Il a laissé la parole à Robin Walker, secrétaire d’État du département en charge du Brexit, qui a repris les mots de Theresa May prononcés lors d’un discours en juin 2017 : “We want you to stay”.

Le ton est donné, l’ambassadeur de France au Royaume-Uni Jean-Pierre Jouyet en profite pour partager ses pensées sur la situation actuelle. “Je suis très surpris de constater que le nombre de jeunes gens qui souhaitent étudier au Royaume-Uni est toujours le même !” déclare-t-il sur le ton de la confession. Sous les yeux attentifs de la consule de France Sylvaine Carta-Le Vert, trois membres du gouvernement britanniques se préparent à recevoir les questions de l’audience francophone.

“The 3 million”

Quelques membres des “the3million”, comité représentant les trois millions de citoyens européens au Royaume-Uni, ont manifesté le besoin de clarté sur le futur statut des ressortissants de l’Union européenne qui souhaitent continuer à vivre au Royaume-Uni. Bien qu’il soit clair que le droit européen reste celui qui est appliqué pendant la période de transition qui s’étend jusqu’en 2020, le “Withdrawal agreement” ne permet pas de dresser un portrait précis des conditions futures de résidence des citoyens européens après le Brexit.

Le ‘settled status’ auquel les citoyens européens doivent postuler pour obtenir le droit de rester dans le pays légalement après la sortie effective du Royaume-Uni est très largement mis en doute. Ce statut sera attribué aux ressortissants installés depuis plus de cinq ans au Royaume-Uni. Pour ceux dont la durée de résidence est inférieure à cette période, il faudra formuler une candidature en ligne de manière à pouvoir vivre sur le territoire britannique. Le “settled status” donnera le droit aux citoyens européens de jouir de la protection de santé, des aides sociales, de la sécurité sociale, des subventions à l’enseignement supérieure et des autres avantages similaires aux Britanniques.

Fini le droit de vote aux élections locales

En outre, d’autres inquiétudes sont partagées par l’audience tels que les droits de vote. En effet, un citoyen européen ayant vécu et contribué à la vie économique du Royaume-Uni pendant une longue période de sa vie n’aura plus le droit de participer aux élections locales tandis qu’un ressortissant d’un des pays du Commonwealth fraîchement arrivé sur le territoire britannique pourra prétendre à ce droit.

Indignation de l’audience, le parallèle entre le scandale lié à la Windrush Generation et au statut légal des enfants des citoyens européens établis au Royaume-Uni revient en leitmotiv. “Nous conseillons aux citoyens européens de formuler une candidature pour le “settled status” de manière à éviter de se trouver dans cette situation dans les années à venir” répond un représentant du Home Office pour balayer l’inquiétude générale. Une conseillère consulaire en profite pour insister sur l’importance de l’enregistrement au registre des Français établis hors de France à effectuer en ligne.

L’essentiel à retirer de cette réunion : accumuler le plus de preuves administratives de résidence au Royaume-Uni semble être la meilleure des protections légales avant d’en connaître plus sur l’avancement des négociations entre le gouvernement britannique et la Commission européenne.

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