Anarchy in the Circus avec le groupe Bekkrel FR
SPECTACLE

Anarchy in the Circus avec le groupe Bekkrel

Nadège Alezine le 12.03.18

Qui compose le groupe Bekkrel ? Qui êtes-vous ? Et, d’où venez-vous ?

Le groupe Bekkrell est constitué de quatre femmes d’une trentaine d’années Fanny Alvarez (bascule), Océane Pelpel (fil), Fanny Sintes (corde), Sarah Cosset (mât).
Chacune a grandi dans des régions différentes (Paris, Toulouse, le Berry et la Corrèze). Nous nous sommes rencontrées au Centre National des Arts du Cirque il y a 8 ans. L’amitié est à l’origine de la création de notre groupe ; nous avions envie de créer ensemble un spectacle où tenter des expériences de relation au monde, à l’autre.

D’où vient le nom de votre compagnie ?

Notre nom est un clin d’œil au prix Nobel de physique Henri Becquerel qui a mis en évidence la radioactivité spontanée.

Que raconte Effect Bekkrel ? Quel est le rapport avec la découverte de la radioactivité ?

Notre spectacle conte les multiples changements dans les relations entre 4 personnages. Les frictions, les solutions plus ou moins précaires qui façonnent l’histoire d’une microsociété. En cela, le fonctionnement de la radioactivité nous a beaucoup inspirées. Comme l’atome tends infiniment vers sa stabilité en changeant sa structure, notre groupe tend infiniment vers la sienne.

Vous êtes quatre femmes dans la compagnie, c’est inhabituel ? Le monde du cirque est-il un univers particulièrement macho ?

Nous avons créé notre groupe dans un élan d’amitié et d’envies artistiques communes. Ça n’a pas été revendicatif ou en réaction à un "éventuel " machisme. Il est en effet plus rare de voir des collectifs féminins, mais en France, il y en a quelques-uns : Pdf, compagnie d’elles… En tant qu’artiste de cirque, je sens parfois une tendance au paternalisme. Sur scène, il y a beaucoup de femmes, mais plus rarement à la direction de compagnie ou de lieux. Nos partenaires, c’est-à-dire des personnes qui se choisissent mutuellement, sont tout à fait respectueux.

Le cirque fête ses 250 ans cette année. Quelles sont pour vous les valeurs les plus modernes que véhicule le cirque ?
Je pense aux valeurs de solidarité, d’émancipation de classes, de liberté de création.

Vous allez vous produire au Roundhouse de Camden. Quelle différence cela fait-il pour vous de jouer sous un chapiteau ou dans une salle de spectacle ?

Pour ce spectacle qui a été créé en frontal, cela ne change pas beaucoup. Reste qu’un espace circulaire est plus chaleureux, les spectateurs sont possiblement acteurs pour les spectateurs d’en face…

Votre spectacle est décrit comme « punk ». Qu’est-ce qu’être punk en 2018 ?

Notre spectacle peut être perçu comme punk parce que nous mettons en scène des oppressions, des conflits et surtout des tentatives de création. Des destructions qui laissent la place à des créations. Être punk aujourd’hui, pour moi, ce serait tendre à l’autonomie, honorer et exprimer nos forces de contestations, nos désirs et donc nos capacités de création. Il y a aussi beaucoup à découvrir pour libérer les corps ; des individus qui vivent pleinement au contact de leurs besoins essentiels, sans contenir leur corps comme des objets, sont des personnes susceptibles d’émancipation, de subversion.

Est-ce important de vous produire à Londres à Circus Fest et d’y représenter la France ?

Nous sommes très heureuses de jouer dans cet endroit magnifique. Ce sera la 3e fois que nous jouerons hors de France. Et c’est toujours excitant de découvrir comment le spectacle est reçu au sein d’une autre culture.

Réservations ici. 

Partager
Infos Pratiques
Date : du 19 avril 2018 au 22 avril 2018
Lieu
Roundhouse, Chalk Farm road, NW1 8EH Londres
Infos
Prix : £15/25. Métro : Chalk Farm.

à voir également