Sophie Besse met un coup de projecteurs sur les migrants FR
SPECTACLE

Sophie Besse met un coup de projecteurs sur les migrants

Camille Letourneur le 02.03.18

Comment êtes-vous tombée dans le théâtre ?

Oh, je suis tombée dans la marmite toute petite ! J’ai commencé à faire partie d’une troupe de théâtre à l’âge de 10  ans puis j’ai suivi le Cours Florent en même temps que mon bac en cours du soir. À l’époque je voulais être comédienne, mais j’ai finalement compris que je n’aimais pas l’industrie derrière. Je me suis tournée vers l’art-thérapie.

Pour vous, c’est quoi le théâtre ?

Dans le cas de “Borderline”, qui est une création et non un script que les acteurs ont appris, je dirais que le théâtre est une occasion de s’exprimer, de se faire entendre et de créer un pont entre les acteurs et le public.

Pourquoi et comment avez-vous commencé à travailler avec des réfugiés ?

J’ai commencé en août 2015 à la suite d’une anecdote futile mais véridique. Je rentrais de vacances d’été en voiture et ça faisait bien deux heures que j’attendais à la frontière car il y avait une fouille systématique des voitures. Tout à coup j’ai compris que c’était parce qu’ils étaient juste là, à quelques centaines de mètres, qu’on était fouillés. Ça a été une prise de conscience soudaine : l’Histoire ne se passait plus simplement dans un pays lointain ou dans un temps passé. Elle était là, devant mes yeux et j’y avais mon rôle à jouer, ma part de responsabilité.

Est-ce facile pour une femme aujourd’hui de monter des projets, d’avoir sa place dans le monde du théâtre, de se faire entendre ?

J’ai beaucoup de chance car ça ne m’a jamais posé de problème. J’ai un parcours un peu atypique puisque j’ai une double formation de metteur en scène et de thérapeute : ça me donne une “niche”. Comme c’est le cas dans beaucoup de milieux j’imagine, j’ai réussi à me faire mon réseau petit à petit, à trouver ma place avec des artistes et des théâtres qui partageaient ma vision.

Quelle est la partie la plus dure d’être une femme aujourd’hui ?

Je me rends compte que j’ai beaucoup de chance de dire ça, mais je ne rencontre pas de difficultés particulières dans mon travail du fait d’être une femme. Même pour “Borderline”, où je mets en scène une dizaine d’hommes de différentes cultures qui plus est, j’ai eu la chance que ça ne soit jamais un problème, je suis très vite devenue une “mère” ou une “sœur” traitée avec le plus grand respect. Je dirais que ma plus grosse difficulté en tant que femme c’est de trouver le temps de tout gérer à la fois : la vie de famille et la vie professionnelle… Je suis sûre que la plupart des femmes seront d’accord avec moi ! Mais c’est une grande richesse aussi pour moi d’avoir différentes casquettes et de passer d’un domaine à l’autre. Ça permet de prendre du recul et de relativiser je trouve !

Et quelle est la partie la plus sympa d’être une femme aujourd’hui ?

J’adore être une femme ! Ce n’est pas toujours facile mais ça m’a donné une sensibilité et une force de caractère qui sont les deux éléments clés de mes projets.

Des projets pour la suite ?

Oui, on commence une nouvelle création sur la situation des réfugiés au UK car malheureusement l’arrivée ici n’est que le début du parcours du combattant et peu de gens le savent.

Si vous aviez dû faire un autre métier qu’aurait-il été ?

J’aurais aimé être sage femme ou infirmière. J’aime accompagner les gens dans leur parcours de vie, surtout dans les périodes charnières. Et la mise en scène c’est aussi la mise au monde d’un bébé… Rien de plus émouvant que d’assister aux premiers pas d’un projet qu’on a créé !

Réservations ici. 

 

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Infos Pratiques
Date : du 06 mars 2018 au 12 mars 2018
Lieu
Pleasance Theatre, Carpenter Mews, North Road London, N7 9EF
Infos
Prix : à partir de £10. Métro : Caledonian Road.

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