Quand Lambert Wilson devient Cousteau FR
CINÉMA

Quand Lambert Wilson devient Cousteau

Sidonie Gaucher le 03.07.17

 

Perçu comme le grand-père idéal, Jacques-Yves Cousteau a bercé des générations à travers ses explorations du monde sous-marin. Incarné à l’écran par Lambert Wilson, on le découvre dans sa vie familiale comme un père certes moins idéal, mais non moins inspirant. Confidences.

 

  • Vous avez vécu, de façon intense pendant le tournage, la vie de Cousteau. Quelle a été cette expérience ?

 

Il y a eu ce voyage extraordinaire en Antarctique, qui était une folie, du temps de Cousteau : on s’est retrouvés sur ses lieux et on a eu des tempêtes telles que lui en a eues. J’en ai fait un reportage, “Chroniques australes”, que l’on trouve dans la version DVD du film, et qui relate toute cette expérience.

 

  • Qu’avez-vous appris sur Cousteau en incarnant ce rôle ?

 

Je n’imaginais pas qu’il était aussi séducteur. Celui que j’imaginais comme un grand père idéal était en réalité un véritable Don Juan !

 

  • Dans le film, qui n’est pas toujours tendre envers le commandant, on apprend qu’il était financé par l’industrie pétrolière. La vision de l’écologie était alors différente, ce procès n’est-il pas un peu facile, 30 ans après ?

 

Ce procès n’existe qu’en France, où l’on adore déboulonner nos idoles. Comme on dit, “the world was his oyster”, Cousteau a assumé ses documentaires dans leur entièreté et ensuite, il n’a cessé de faire des mea culpa, en s’engageant dans la sensibilisation écologique de très haut niveau.

 

  • Votre père George Wilson, célèbre acteur et metteur en scène, a-t-il pu avoir envers votre frère et vous, ce caractère autoritaire que l’on retrouve chez Cousteau ?

 

Il y a en effet des points communs avec mon histoire. J’ai la même différence d’âge avec mon frère que les frères Cousteau, et Bandol a aussi été un lieu qui a bercé notre enfance. Le fils préféré, la dureté d’un père qui est en même temps génial, qui vous donne des munitions pour toute la vie, pour apprécier la beauté de la nature et les valeurs de liberté. On le voit dans le film avec ses fils, il leur parle de façon très philosophique : “La vie passe à une vitesse folle, il faut l’apprécier”, j’ai vécu exactement de la même façon ces moments d’amitié et de partage avec mon père.

 

  • Il y a d’ailleurs une scène très forte, ce moment de vérité où le fils dit finalement au père tout ce qu’il a sur le cœur. Êtes-vous passé par là ?

 

Mon expérience m’aurait plus préparée à jouer le fils que le père. Dans le diner où le père et le fils sont en confrontation, j’avais envie de dire les répliques de Pierre Niney alors qu’il fallait plutôt que j’incarne ce dont j’avais été victime.

 

  • Que gardez-vous de ces expériences avec le père ?

 

Ce sont des personnages dévastateurs, ils ont un ego très fort et prennent toute la place, ce sont des leaders qui n’aiment pas être remis en question. Mais en même temps, ce sont des pères charismatiques, qui vous offrent ce qu’il y a peut-être de plus essentiel, à savoir un rapport au monde et d’en apprécier la beauté. Alors bien entendu, ce ne sont pas des pères qui sont là à vous mettre en valeur, et il faut chercher les signes de leur affection sous beaucoup de timidité ou de pudeur, ou même l'incapacité à s’exprimer. Mais quelle inspiration !

 

 

L’Odyssée, de Jérôme Salle, en avant-première et en présence de Lambert Wilson le 05/07 au Ciné Lumière à l’Institut français, 17 Queensberry Place, SW7 2DT, métro : South Kensington

Sortie officielle en Irlande et RU le 18 août 2017

 

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Infos Pratiques
Date : le 05 juillet 2017
Lieu
Institut Français 17 Queensberry Place SW7 2DT
Infos
L’Odyssée, de Jérôme Salle, en avant-première et en présence de Lambert Wilson le 05/07 au Ciné Lumière à l’Institut français, 17 Queensberry Place, SW7 2DT, métro : South Kensington

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