Basquiat : Boom for Real
 Coup de coeur EXPOSITION

Basquiat : Boom for Real

Street artiste, musicien, acteur, illustrateur, peintre, poète…Jean-Michel Basquiat (1960-1988) était un artiste aux multiples talents et surtout totalement autodidacte. Originaire de New York, il a tagué les murs de sa ville en signant ses graffitis de l’énigmatique SAMO©, vendu des cartes postales à 1$ à Andy Warhol, dormi sous les ponts pour finir par vendre ses toiles 25000$ et être le plus jeune artiste en 1982 à participer à la Ducumenta 7 de Kassel. Il finit sa course folle en 1988 a 27ans d’une overdose, en pleine gloire et depuis la côte de ses toiles ne fait que monter, en mai 2017 une toile de 1982 « Untitled » a été vendue pour 110 millions de $ chez Sotheby’s à New York.

Figure de la scène underground newyorkaise tout comme son ami Keith Haring, Basquiat continue d’influencer bon nombre d’artistes contemporains et ses œuvres sont collectionnées par des célébrités telles que Jay Z, Debbie Harry, David Bowie etc…

Né d’une mère portoricaine et d’un père haïtien, Jean-Michel Basquiat était aussi francophone :il a parlé couramment français dès l’âge de 11 ans. Ses racines haïtiennes et portoricaines ont largement influencé son univers artistique et sa francophonie à aider à nouer son amitié avec l’artiste française Maripol, qui documenta le New York underground des années 1970/80 avec ses polaroids.

C’est à travers 100 œuvres venues de collections du monde entier que « Basquiat : Boom for Real » propose de partir à la découverte de l’artiste newyorkais, certaines des toiles présentées ici n’ont jamais été vues en Grande Bretagne auparavant et on peut même y voir ses cahiers de croquis où ses idées et réflexions étaient entreposées mais aussi des interviews télévisées comme celle de 1985 avec Becky Johnston et Tamara Davis au Hermitage Hotel Beverly Hills.

« Boom For Real » est le titre de l’expo mais aussi c’est la dernière phrase que dit Basquiat dans le film « Downtown 81 », produit par Maripol et écrit par Glenn O’Brien. Dans ce film, Basquiat joue son propre rôle : un artiste sans le sous et sans abri qui cherche à vendre une toile pour payer son loyer. Le film est inspiré de sa vie avant que la gloire ne vienne frapper à sa porte. Il est projeté au sein du Barbican tout au long de l’exposition : un document rare qui dépeint le quotidien de la scène underground de l’époque.

De son amitié avec Warhol avec qui il collabora sur des œuvres et lors la fameuse exposition à Soho en 1985 dont l’affiche figurait les deux artistes en tenue de boxe, de son implication dans le New York post punk des années 70-il était proche de Vincent Gallo, Debbie Harry- à son rôle dans le film de Glenn O’Brien dans Downtown 81, Basquiat était au confluent de la culture hip hop naissante-il a dessiné la pochette de « be bop » par Rammellzee+K-Rob en 1983 et sur la fin du punk rock. Il a su créer une nouvelle forme de Pop Art, inspiré de la rue mais aussi de l’art premier africain et des symboles du livre d’Henry Dreyfuss, « Symbol Sourcebook ».

Mais la « Basquiatmania » londonienne ne s’arrête pas à cette exposition du Barbican. En parallèle, la White Cube organise son exposition sur les artistes américains contemporains de Jean-Michel Basquiat, intitulée « From the vapor of gasoline » et tirée d’un slogan de l’artiste tagué sur « Perivian Maid ». On peut y voir « 2 for a dollar » de Basquiat, les photographies d’adolescents en perdition de Larry Clarke mais aussi les œuvres subversives qui marquent la fin du rêve américain de Cady Noland, Steven Parrino, Jenny Holzer, Richard Prince et Christopher Wool.

 

« Basquiat : Boom for real » Du 21/09 au 28/01 au Barbican Art Center, Silk Street, EC2Y 8DS Metro : Barbican. Prix : £16. 

 

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