Une journée avec... Karine Zibaut
EXPOSITION

Une journée avec... Karine Zibaut

le 26.04.17

00h Difficile de suivre l’artiste dans sa journée. Le temps n’est pas si chronologique. Il est cyclique, en monade, sur la création, jusqu’à l’explosion. Les heures ne font aucun sens, car le temps s’arrête. Ce que je sais de Karine, c’est qu’elle boit du thé, le matin. Le thé de Luxembourg qui a, comme le jardin éponyme, toutes ses faveurs.

00h Une fois sa fille partie au lycée, c’est le moment de retrouver son “bébé anglais” : les encres qui sont nées, prolifiquement, des 18 derniers mois passés à Londres. Une nouvelle vie, après Houlgate et Paris. Et plus qu’un bébé, c’est une famille qu’elle a engendrée. Au nombre de 7, comme le jeu des Sept Familles.

00h Encre de Chine, brou de noix ou sanguine. On ne raconte pas la même histoire selon la couleur. Le bleu éclatant et profond racontera son amour des arbres ou des parcs. Le noir, le passage des ténèbres à la lumière. Le rouge, les paysages asiatiques que l’on jurerait sortis de son souvenir. Or, Karine ne connaît pas encore la Chine. Elle n’y est allée qu’avec son âme, inspirée par les estampes de Gao XingJian ou les lectures de François Cheng.

00h “C’était déjà là”. Quand on lui demande d’où vient sa fécondité artistique, elle répond simplement que tout ce qui était en elle a soudain été mis en lumière. Exposé, sorti de l’ombre et mis au jour. Et l’on commence à parler de sa fulgurance photographique, par exemple, avec son premier opus Body and Soul en 2008 qui passa de l’exposition au recueil photographique encensé par la critique.

00h D’un monde à l’autre, comme une ritournelle, dans sa vie ou son art. Karine a eu plusieurs vies, d’un travail qui offre sécurité mais pas satisfaction, du luxe à l’épure. D’un monde imaginé à sa représentation matérielle, en photos ou au pinceau. D’une technique à l’autre, photographie numérique ou encre, le dénominateur commun est celui de la matière. Superpositions de négatifs numériques, qui sont révélés dans la chambre noire de l’ordinateur, tout porte à croire que ses travaux sont en argentique, tant y réside la matière. Il en va de même avec les encres, et la recherche, en filigrane, de la sensation.

00h C’est aussi dans le silence de la nuit que l’inspiration se fait sentir. C’est encore là que se déploient le mieux l’espace et le temps. Karine se couche tard, elle doit encore terminer quelques encres, avec la touche qui la caractérise : toujours un ou deux personnages qui vivent dans l’image. Les terres imaginaires n’en sont pas moins voyage…

 

Toutes les infos sur son site

Partager
Infos Pratiques
Date : le 24 décembre 2017

à voir également