Kyan Khojandi : Bref, il est passé à autre chose.
SPECTACLE

Kyan Khojandi : Bref, il est passé à autre chose.

le 10.04.17

Au téléphone, on est accueilli par le même débit pêchu que dans Bref, la série qui l’a révélé. L’auteur et réalisateur qui met en scène les mimiques de la trentaine nostalgique, présente sur les planches un sujet analogique : les pulsions inavouables. Et ça pique.

Interview menée par Sidonie Gaucher @IciSidonie

 

À quoi s’attendre pour ce second spectacle, “Pulsions inavouables” ?

Ça fait un peu slogan, mais si vous avez aimé Bref, vous aimerez ce spectacle.

Vous êtes-vous encore plus mis à nu que dans Bref ?

Carrément. Déjà, parce que je parle. Le personnage de Bref ne parlait qu’en voix off, et n’existait qu’en pensées. Si on enlève la voix off, il reste quelqu’un qui s’ennuie et qui est terriblement seul.

Que pensez-vous de la “mode” du stand-up en France ?

On a montré ça comme quelque chose de nouveau, alors que ça existe depuis toujours. Coluche et Desproges faisaient du stand-up. Ce qui change, c’est l’émergence d’une nouvelle génération comme Yacine Belhousse ou Blanche Gardin, qui le revendiquent.

Et qui abordent des thématiques tristes, pour ne pas dire lugubres...

Justement, il faut en parler. Pendant des années, je me sentais triste et anormal. Les autres avaient l’air super heureux, et moi je ressentais du vague à l’âme. La vie des autres paraissait super simple : “bah non, pourquoi t’as peur, faut faire ça, ça et ça !” En fait, tout le monde est pareil et personne ne sait vraiment comment faire pour être heureux.

Et du coup, quelle est votre recette ?

Depuis que je cours, je n’arrive plus à être malheureux. Vous savez pourquoi on était heureux quand on était gamins ? Parce qu’on courait tout le temps ! On était tout le temps sous endorphine, on était tout le temps défoncés !

Le mot pulsion renvoie-t-il au côté animal de l’homme ?

Nous sommes les seuls animaux qui nous soyons réveillés en disant : “on est pas des animaux.” On a fini par réfréner notre côté animal. On part d’une base commune, animale, terrienne que l’on réfrène : la peur, la violence, la survie. J’extériorise tout cela dans mon spectacle.

L’humour est-ce l’outil qui nous sauve ?

Oui. Il  donne du recul aux choses. Notre cerveau, tel un organe digestif, permet de nous faire passer à autre chose. Je ne sais plus quel gars avec une moustache et une pipe disait : “on ne peut pas toucher une angoisse, mais on peut se déplacer et la regarder de manière différente.” C’est le travail de l’humour : regarder le drame d’un autre point de vue.

Une pulsion inavouable, alors ?

La pulsion de violence est quelque chose d’assez inavouable. L’ogre de la vengeance en nous qui nous soumet à des festivals de “j’aurais dû dire ça, faire ça, et la prochaine fois je ferai ça, et dirai ça”, pour au final ne rien faire du tout. Ou  juste s’excuser et se sentir comme une grosse victime derrière. C’est bon de faire sortir ces choses là pour les regarder en face, et les dépasser.



My London

Où irez-vous ?

J’ai fait le Londres-Touristes, mais pas encore le Londres-Pubs-Renards. J’ai hâte !

Que ferez-vous ?

Une tournée gastronomique car, sur les conseils de Cyril Lignac, il y a beaucoup de super lieux à découvrir en bouffe !

 

Le 13/04 au Hippodrome Casino, Cranbourn St, WC2H 7JH métro : Leicester Square. Prix : £25-35.

hippodromecasino.com

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Date : le 24 décembre 2017

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