Tango argentin : la danse de l’initié
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Tango argentin : la danse de l’initié

UK Tango Festival & Championship Du 31 mars au 2 avril £20 pour 1 soir, £40 les trois soirs UKTangoFestival.com The Royal College of Surgeons of England (Edward Lumley Hall) 35-43 Lincoln’s Inn Fields, London WC2A 3PE

Si le Tango argentin est né dans les bas-fonds de Buenos Aires, c’est à Paris qu’il acquiert, dans les années 1930, ses lettres de noblesse. En ce sens, la présence et la sensibilité françaises dans le monde du tango sont essentielles à cette danse, devenue Patrimoine culturel de l’Unesco. À Londres aussi, où Brigitte Ozarovsky et Yasmina Baileche, tangueras, nous racontent leur amour du tango : sa culture, sa musique et sa danse, dans le cadre du Festival et Championnat de Tango Argentin du Royaume-Uni, du 31 mars au 2 avril.

 

Comment êtes-vous tombées amoureuses du tango ?

Brigitte Ozarovsky : La danse et la musique ont toujours fait partie de ma vie. J'ai étudié le ballet et le piano à partir de l'âge de 5 ans. Mon père russe jouait du violon et j'ai grandi dans les sons de la musique tzigane et du folklore traditionnel. Je découvre le Tango Argentin lorsqu’un ami m’emmène voir le spectacle Forever Tango. Je suis tombée amoureuse de la musique et de la danse. J’ai commencé à prendre des cours, jusqu’à découvrir la milonga (bal de tango NDLR), et j’ai été subjuguée. Lors de mes voyages, j'ai découvert le plaisir de danser à Paris, rencontrant des danseurs venants du monde entier. J’ai amené des amis Londoniens et cela m’a donné l’idée d’organiser des vacances Tango, d'abord à Paris puis en Provence.

 

Yasmina Baileche : J’ai toujours été passionnée par la danse et j’ai dansé la salsa pendant de longues années. Lors d’un voyage avec mon sac à dos en Amérique Latine, je m’arrête plusieurs mois à Buenos Aires et me décide de tester un cours de tango. Très vite je me passionne pour sa musique, sa culture et sa danse. Le monde du tango est plein de codes qui peuvent être intimidants au début. C’est un Parisien qui m’a fait découvrir toutes les milongas de Buenos Aires et ses protocoles. Je suis revenue à Londres mais tous les ans je retourne à Buenos Aires. Et puis, de fil en aiguille, les gens me demandaient si je donnais des cours, j’ai donc commencé à enseigner.

 

“À Buenos Aires, chaque personne ne cherche pas à danser le tango, mais à danser “son” tango.”

 

Pourquoi organiser un Festival et un Championnat de Tango Argentin?

Yasmina Baileche : Pour donner un souffle nouveau sur le tango à Londres. Lorsqu’on est formé à Buenos Aires, on voit que l’esprit du tango et la qualité manquent à Londres. Il y a de bons professeurs ici, mais l’idée de ce festival, qui est validé par le Ministère de Culture de Buenos Aires, est de présenter le tango dans toute sa richesse et sa diversité de styles, en insistant sur la qualité et la tradition.

 

Brigitte Ozarovsky : J’ai organisé pendant plusieurs années un grand bal de tango à Londres, le Fire & Flame Ball. C’était la première fois que quelqu’un faisait un grand bal de tango argentin très chic. Pendant 8 ans, c’était le rendez-vous à ne pas manquer. C’est également l’idée de ce festival, qui soit à la fois haut de gamme, culturel et social.

 

Que va y trouver un public novice ?

Yasmina Baileche : Du vrai tango, du show, des artistes de haut niveau avec des styles différents. C’est l’occasion de voir des finalistes du championnat du monde, alors que l’on a souvent une vision réduite de cette danse, qui offre pourtant de nombreuse facettes.  

 

Combien de francais vont participer au Championnat ?

Yasmina Baileche : Beaucoup de français de Londres viendront danser, mais pour ce qui est de la compétition, 6 couples de français feront le voyage exprès, parmi des dizaines de danseurs venus de toute l’Europe.

 

Est-ce que ce sera Strictly Come Dancing ?

Yasmina Baileche : Non ! Ce que l’on voit à la télé n’est pas du tango argentin c’est du ballroom. Ce que le Festival présente, c’est l’excellence et le haut niveau de cette danse devenue spectacle mais sociale dans sa tradition.

 

Ce qui, pour vous, est unique dans le tango ?

Brigitte Ozarovsky : Dans le ballroom, toutes les danses (même le tango) sont limitées par la chorégraphie, alors que le tango argentin est une danse sans limite car elle est improvisée. Seul le tango de scène n’est pas totalement improvisé.

 

On dit souvent que c’est une danse difficile

Brigitte Ozarovsky : C’est une danse basée sur la marche, cela prend autant de temps d’apprendre à marcher que d’apprendre à danser. Donc cela prend du temps, mais c’est bien à la portée de tous !

UK Tango Festival & Championship

Du 31 mars au 2 avril

£20 pour 1 soir, £40 les trois soirs

UKTangoFestival.com

The Royal College of Surgeons of England (Edward Lumley Hall)

35-43 Lincoln’s Inn Fields, London WC2A 3PE

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