Entretien avec Michel Boujenah
 SPECTACLE

Entretien avec Michel Boujenah

Connaissez-vous Londres, Michel ?

J’y suis venu souvent, mais c’est la première fois que j’y joue. Disons que je n’aime pas beaucoup voyager, je préfère me sentir chez moi à me sentir dépaysé. Ceci dit, j’adore les musées. Et j’adorerais venir à Londres en bateau depuis Douvres !

 

Mais cela vous fait plaisir de venir, quand même ?

Évidemment ! Et puis les voyages, ce sont surtout les gens que l’on rencontre… On m’a demandé de venir à Londres car il y a apparemment beaucoup de Français. Plus qu’à Bordeaux, c’est ça ? Ca me rappelle quand Boris Johnson se moquait d’Alain Juppé à ce propos.

 

Que raconte votre spectacle, “Ma vie rêvée” ?

C’est ma vie telle que je l’ai toujours imaginée. Par exemple, j’adore pêcher. Et quand j’étais petit, je disais que les poissons arrivaient en masse et me disaient “pêche moi ! Pêche moi !” Ce n’est évidemment pas vrai, mais c’est l’histoire que je me racontais. Et la vie qu’on se raconte, c’est la vie intéressante. Je trouve si stupide que l’on devienne sérieux en devenant adulte.

 

Vous sentez-vous toujours une âme d’enfant ?

Bien sûr ! D’ailleurs, je ne parle pas aux gens qui l’ont perdue.

 

Qu’est-ce qui vous déplait chez les adultes ?

Les gens en costumes qui prennent la vie trop au sérieux, ou bien les gens autoritaires qui disent “tu devrais faire cela car c’est bon pour toi”. Pour moi, ces gens sont déjà morts.

 

C’est un peu violent de dire cela, non ?
C’est surtout crucial. Dans mon spectacle, j’aborde des questions importantes comme la mort, mais je l’enrobe avec une histoire de mon enfance, comme le fait qu’à quatre ans je réveillais mes parents dans la nuit pour leur poser des questions métaphysiques. Mais vous savez, chez nous on ne meurt pas, on s’absente. Et puis de toutes façons, on ne meurt que quand on est oublié.

 

Propos recueillis par Sidonie Gaucher.

 

Ma vie rêvée

Le 18/3 à 20h30, Shaw Théâtre, NW1 2AJ

Shaw-theatre.com 0844 248 5075

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