B.B. Initials
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B.B. Initials

Le 26 mai sort le dernier album de Benjamin Biolay, doré à souhait sous le soleil argentin.

Comme l’indiquait déjà son précédent opus, Palermo Hollywood, on sent que la chanteur trouve dans l’air de Buenos Aires de quoi reprendre son souffle.

Le superbe

La Superbe était un double album admirablement accueilli par la critique. Est-ce que Volver est la suite, ou le double, de son précédent album Palermo Hollywood, tous deux aux couleurs argentines ? “Non, répond-il mollement, comme si le parallèle était aberrant. Ce n’est pas la suite, il s’est passé du temps entre ces deux albums.

 

Du temps, pas tant que cela : à peine un an. Il ne se confiera pas, mais il suffira de lire son interview dans Elle, pour apprendre qu’un chagrin d’amour est passé par là. “On change, en un an, assure-t-il. En tant qu’homme et en tant qu’artiste.” On sondera la tristesse, la nostalgie, cette petite mélodie dépressive qui s’invite comme une ritournelle, mais cette fois, Benjamin sait nettement ce qui crée la fracture : la mort de son ami Hubert Mounier, leader du groupe L’affaire Louis Trio, dont il annonce le décès en février 2017.

 

Les relents des attentats, qui se répandent encore sur l’humeur du chanteur qui trouve dans l’air de Buenos Aires de quoi reprendre son souffle. “Je me sens libre, là-bas. Je peux me poser à une terrasse sans avoir peur. Sans craindre pour ma vie. Et si j’entends des coups de feu, je penserai à des pétards. À Paris aujourd’hui, plus personne ne pense à des pétards quand on entend des coups de feu.” Mais à Buenos Aires, on peut se faire braquer pour une Swatch, c’est une autre forme d’intranquillité. “Oui, ça m’est déjà arrivé.” Mais on n’en saura pas plus. “Ceci dit, il faut être con pour se promener avec une Rolex dans le quartier de la Boca.

Roma (amoR) : les lieux et l’amour

L’album n’est pas une suite, mais Buenos Aires est un lieu qui revient. Elle n’est pas son double, mais “son amour” qui revient. Chiara Mastroianni, qui fut sa femme entre 2002 et 2005 et dont il a une fille, chante sur Volver, treize ans après leur album intime et commun, Home. “C’est la femme de ma vie, c’est ma famille. C’est normal et naturel pour moi de chanter ensemble.” Dont acte pour Catherine Deneuve, sa belle-mère, qui pose sa voix Happy Hour.


On y retrouvera des sonorités découvertes dans Palermo Hollywood, son précédent album sous perfusion argentine, et des voies connues dont Sofia Wilhelmi, actrice rencontrée sur le tournage de “Mariage à Mendoza”. Et Londres, dans tout ça ? “J’adore cette ville. J’étais venu y jouer, il y a quelque années, dans une église. C’était fou. Mais ces temps-ci, j’y vais plutôt pour les Musicals, dont ma fille raffole.

Entretien réalisé par Sidonie Gaucher @IciSidonie

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