Nicolas Nebout manie la baguette avec magie
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Nicolas Nebout manie la baguette avec magie

Leila Lamnaouer le 10.05.17

Rencontre avec ce Clermontois diplômé en musicologie et violoncelliste de formation, qui a créé en 2009 son propre ensemble avant de déménager à Londres “où les possibilités sont plus grandes”. Son objectif ? Rendre la musique classique accessible au plus grand nombre.

 

Comment vous est venue cette passion de la musique ?

En maternelle, une musicienne intervenante a attiré l’attention de mes parents sur ma réaction aux activités musicales. J’ai donc commencé la musique à 5 ans par la flûte à bec puis un an plus tard le violoncelle. J’ai le sentiment aujourd’hui que la musique est une partie de moi-même, que c’est un langage qui me parle naturellement.

Petit, rêviez-vous déjà de devenir chef d’orchestre ?

Ma fascination pour l’orchestre a commencé très jeune, avec Beethoven. J’ai fait du violoncelle pendant longtemps mais cela ne me suffisait pas d’être dans l’orchestre, je ressentais le besoin de créer mes propres interprétations.

On imagine toujours un homme aux cheveux blancs conduire un orchestre…

Il est vrai que globalement c’est un métier à majorité masculine et pour lequel on considère parfois qu’il faut avoir une maturité musicale importante pour “affronter” l’orchestre. Mais la jeunesse est synonyme d’énergie, de fraîcheur, de prise de risques... Les choses changent, et de plus en plus de femmes dirigent et le classique s’ouvre à un public plus large. Avec le London Firebird Orchestra que je dirige bientôt, ou le Sinfonia Tamesa que je retrouverai cet été, je serai en tout cas heureux de faire mentir ces idées reçues!

Qu’est-ce que vous aimez à Londres ?

Il y a (presque) tout... et il y a toujours quelque chose de nouveau à découvrir. C’est une ville créative, à taille humaine et dont l’histoire populaire se renouvelle sans cesse. Londres est et restera une ville ouverte et diverse. Et puis j’aime trop les burgers pour habiter ailleurs dans le monde...

Un chef d’orchestre n’écoute que du classique ?

J’écoute évidemment pas mal de classique. C’est un moyen de découvrir de nouvelles œuvres, de nouveaux compositeurs ou même des artistes, et d’enrichir ses propres interprétations. Il me paraît aussi nécessaire de ne surtout pas se couper du monde dans lequel on vit et de laisser d’autres musiques l’influencer, car c’est le seul moyen de faire raisonner une œuvre qui ait du sens pour le public contemporain. Eminem, The Beatles, Muse, Gorillaz, System of a Down, Franz Ferdinand, Wax Tailor, Renaud, Radiohead, Aznavour, Led Zeppelin, Queen, Nirvana, Diana Krall, Coldplay, Johnny Cash, Marilyn Manson... font partie de ma playlist. J’aime aussi écouter des musiques de film et de jeux vidéo qui a beaucoup progressé ces 20 dernières années : il y a des petits bijoux qui mériteraient une place dans les programmations orchestrales !

Quels sont vos projets ?

Le 24 juin, je dirigerai le Sinfonia Tamesa avec notamment une œuvre rare, l’ouverture “Hamlet” du compositeur danois Niels Gade. Je travaille aussi à la création d’un nouvel ensemble, The Odyssey Players, qui aura pour but de rendre accessible la musique dite “classique” à un public large. Nous allons ainsi proposer de nouveaux formats de concert, promouvoir un répertoire éclectique qui inclut aussi la musique à l’image, et des collaborations interdisciplinaires.

 

Entretien réalisé par Leila Lamnaouer

Le 24/06 à 19h30, St Michael´s Chester Square métro Sloane Square ou Victoria

Tarifs et réservations: sinfoniatamesa.org.uk et nicolasnebout.com

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