Interview croisée de Mathiew et Pierre-Antoine pour The French Report Coup de coeur
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Interview croisée de Mathiew et Pierre-Antoine pour The French Report

Camille Letourneur le 23.03.17

Ici Londres s’est entretenu avec Mathiew Leiser et Pierre-Antoine Denis : deux étudiants en journalisme à City University qui s’occupent également du site “The French Report” chargé de couvrir les élections présidentielles françaises... en anglais. Rencontre.

 

Mathiew et Pierre-Antoine, vous êtes aujourd’hui étudiants en journalisme à City University. Pouvez-vous revenir sur votre parcours et ce qui vous a mené là aujourd’hui ?

Pierre-Antoine : J’ai 21 ans, je suis arrivé à Londres il y a maintenant 3 ans et demi, juste après mon bac. J’avais envie de faire mes études ici à Londres et j’ai fait une licence de politique internationale à l’université de Westminster. J’ai toujours voulu faire du journalisme et je suis donc venu ici (City University) pour mon master.

Mathiew : Moi j ‘ai 22 ans, j’ai fait une licence d’histoire à Paris-Sorbonne, après j’ai fait un Erasmus en Finlande. J’ai toujours voulu faire du journalisme, et j’ai trouvé City (University) qui était l’un des meilleurs masters. Au deuxième semestre on se spécialise : moi j’ai pris journalisme d’innovation, et Pierre-Antoine, sport. Dans le master on fait beaucoup de pratique, chaque semaine il faut revenir avec un reportage radio ou télé, mais aussi de la théorie.

 

En plus de vos cours vous vous occupez donc du site “The French Report”. Vous pouvez nous parler de ses débuts ? Et comment vous vous organisez ?

Mathiew : L’idée est venu de Caroline (Brenière). Elle a mis un message sur le groupe de la classe : “Salut les élections françaises arrivent l’an prochain, est ce que ça vous dit qu’on fasse un blog ?” On a fait une première réunion où on était plusieurs, puis les mois ont passé. Arrivés en janvier, on a décidé Caro, Pierre-Antoine et moi de vraiment le lancer. Avec Pierre-Antoine on a décidé de faire tout le design du site. Caro est plus dans le rédactionnel, et avec Pierre-Antoine on est plutôt sur le back office du site et la communication. Après, tout le site se gère en équipe : on a chacun un candidat qu’on a tiré au sort. Par exemple, Pierre-Antoine a Marine Le Pen et moi j’ai François Fillon. On veut vraiment être objectifs et donner un avis sur tous les candidats !

 

Votre site donc, comment le décririez-vous ? Que vous êtes-vous donné comme ligne de conduite ?

Pierre-Antoine : Déjà on essaie de couvrir les élections de la manière la plus objective possible. Ce que les gens veulent savoir c’est les faits.
Mathiew : On donne l’actualité via les réseaux sociaux, et ensuite on fait des articles de fond, par exemple “Est-ce que Marine Le Pen est comme Trump ?”, l’impact des élections françaises sur le reste du monde, sur l’Europe... On essaie de toucher tout. Ce qui fait vraiment parti de notre ligne de conduite, c’est de rester le plus actif possible, de rester le plus neutre dans les débats que l’on traite, et surtout d’informer notre audience.

 

 

Justement en parlant d’audience, quel public visez-vous et pourquoi ?

Mathiew : On cible les personnes anglophones dans le monde, mais aussi les expatriés qui aimeraient se tenir au courant de comment se passent les élections. On a remarqué qu’elles étaient plutôt mal couvertes à l’étranger, qu’il y avait souvent une généralisation, qu’il n’y avait pas de détails. Quand on parle avec des anglais ou des étrangers la première chose qui ressort la plupart du temps c’est “Ah, mais Marine Le Pen va gagner”. On s’est dit qu’il fallait arrêter avec les clichés, qu’il y avait pleins d’autres choses dans l’élection. On comble aussi un vide : personne ne couvre aussi bien les élections françaises en anglais.

 

Concrètement comment travaillez-vous ? Quelles sont vos sources ? Vous avez des correspondants dans les sièges des partis à Paris, vous vous basez sur la presse... ?

Pierre-Antoine : Il y a de tout. Par exemple Macron était récemment à l’université de Lille, on a réussi à avoir une vidéo d’une amie de Mathiew qui y était. Les dépêches on les reçoit du flux AFP que Laure (rédactrice) a pu avoir, et après pour ce qui est des reportages un peu plus longs, on prend plusieurs articles, on va chercher un petit peu. On peut aussi appeler des personnes et demander des citations juste pour nous.

 

Après les élections présidentielles, quel est l’avenir de The French Report ?

Pierre-Antoine : Déjà, les législatives. Après parmi les gens qui sont avec nous en rédaction, il y en a surement qui vont partir de Londres en septembre. Ça peut être intéressant de continuer, mais faut savoir sur quoi le ré-axer. Est-ce que ça peut encore intéresser les gens de savoir ce qui se passe dans la politique française une fois que le président est élu ? Ça n’a pas forcément vocation à attirer une audience ici, mais pourquoi pas.

Mathiew : Oui, et si on reste ici on pourrait devenir vraiment une plateforme de la politique française à Londres. Nous, on aimerait bien ça : que les gens viennent sur notre page pour savoir les rassemblements de chaque parti, ce qu’ils organisent. Ce serait intéressant de faire ça.

 

Et vous, vos projets pour la suite ?

Pierre-Antoine : Je ne me ferme pas la porte d’être un peu en dehors du journalisme pour l’instant ou un autre master qui me permette d’étudier quelque chose d’un peu différent.

Mathiew : Ça dépend où je trouve des opportunités. Cet été je suis à l’AFP, après si je suis pris au BBC Training j’y vais, sinon je cherche un stage rémunéré, ou correspondant à l’étranger.


Propos recueillis par Camille Letourneur

 

Site de The French Report

 

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