Emilie Perraudeau, le théâtre dans la peau
 INTERVIEW

Emilie Perraudeau, le théâtre dans la peau

Elle nous a donné rendez-vous à Kaffeine, près de Bond Street. L’adresse lui a été chaudement recommandée par un de ses amis humoristes, Yacine Belhousse, repéré au Jamel Comedy Club et présent cette semaine-là pour la French Comedy Night Part II. Justement le soir de l’évènement, elle était montée elle aussi sur scène. Dans ce mini-spectacle, elle parlait de ses amours, mais aussi de sa taille. Car oui, Emilie mesure 1,80 mètre. Et non elle n’a pas fait de basket, comme elle aime à le répéter à celles et ceux qui lui posent très souvent la question.

 

Une passion de 20 ans

Mais question taille toujours, la trentenaire, on peut le dire, est une grande comédienne. Passionnée de théâtre depuis 20 ans, elle a atterri à Londres il y a 8 ans. Emilie, qui a suivi une formation dans l’audiovisuel et le cinéma, est venue s’installer dans la capitale anglaise car son employeur de l’époque, Disney Channel, lui avait proposé un poste. Parallèlement à son job donc, elle décide de vivre sa passion pour les planches. "La première année où je suis arrivée à Londres, je me suis inscrite à l’Exchange Theatre". Mais l’envie de sauter le pas et de devenir professionnelle la démangent. Et pourquoi ne pas avoir tenté à Paris ? "Ce n’est pas facile là-bas. Il y a beaucoup de concurrence, il est plus difficile de monter des spectacles".

Plongée dans l'impro

En 2011, elle décide monter sa compagnie. "Je trouvais qu’il manquait de structures en français". Et il y a un peu plus de trois ans de cela, Emilie a décidé de quitter son entreprise télévisuelle pour se lancer en free-lance. "J’ai commencé à donner des cours dans des compagnies, à des clubs dans des écoles". Puis, il y a deux ans, elle s’est lancée dans les cours de théâtre et d’improvisation. "En 2012, j’avais co-fondé la ligue d’impro de Londres et en même temps monté une pièce". Elle qui ne faisait que du théâtre commence à faire de l’impro, elle-même. "Cela m’a beaucoup apporté, ça m’a appris le lâcher-prise". La FBI, French British Improvisation, démarre avec 10 membres et en compte actuellement 25. "On est les seuls à faire ça à Londres", dit-elle fièrement, et elle a de quoi. Au départ, les comédiens jouent devant un public de 40 personnes, aujourd’hui de 220 personnes. "On joue en français et en anglais", précise Emilie.  

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Devant son café, son bloc à idées sous le coude (elle doit très rarement s’en séparer, elle aime y coucher ses idées), elle poursuit : "J’ai vraiment envie de partager cette passion". Elle a monté trois plateaux "open mic" pour laisser à tous l’opportunité de faire ses preuves devant le public. Et Emilie n’arrête jamais. Elle donne des cours via sa structure, Art Fabric (45 élèves), elle vient de commencer du coaching stand-up mais aussi personnel. "J’aimerais bien intervenir dans des entreprises. Car l’impro peut aider les gens à se détendre, à créer un esprit d’équipe". La trentenaire cumule les casquettes. Elle s’occupe d’"un beau projet" : dans le cadre de la semaine de la francophonie, qui aura lieu en mars prochain, est organisé le 22 mars, un grand match d’impro entre la France, Suisse, la Belgique, le Canada (Québec). "C’est la quatrième année que ça se fait et la deuxième que cela se déroule dans un grand théâtre à Clapham". Plus de 300 personnes viennent encourager, regarder et juger les comédiens pour un rendez-vous autour de la langue française.

Rien ne l'arrête 

Et ce n’est pas fini. Emilie continue à travailler en free-lance pour la télévision, et notamment prête sa voix ; elle poursuit également l’écriture d’un spectacle d’une heure qu’elle jouera à la fin de l’année à Londres ; elle fait de temps à autre des allers-retours à Paris pour tester son humour ; elle réalise des spectacles pour enfants… Mais de quoi rêve-t-elle encore ? "J’aimerais un jour avoir un lieu dédié, une salle, comme un centre culturel. Pourquoi pas dans un vieux pub. Mais pour ça il faudrait des investisseurs…" Pour le moment, Emilie continue de vivre sa vie dans cette ville qui lui a donné sa chance. "Je n’ai pas fait d’école de théâtre, j’ai appris sur scène. C’est ce qui me permets aussi de rester humble". 

Leila Lamnaouer

http://emilieperraudeau.wixsite.com/emilieperraudeau

 

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