Nicolas Hatton, le Français qui défie le Premier Ministre britannique
 ACTU

Nicolas Hatton, le Français qui défie le Premier Ministre britannique

Rencontre avec ce Français, résident depuis plus de 20 ans en Angleterre, qui veut imposer au Premier Ministre britannique la création d’un texte pour protéger, après le Brexit, les droits des citoyens européens habitant au Royaume-Uni.

Qui êtes-vous Nicolas Hatton ?

J’habite le Royaume-Uni depuis 1995. J’ai vécu 13 ans à Londres et je suis installé depuis 8 ans à Bristol. Comme beaucoup de Français, j’ai commencé par des petits jobs, même si j’étais diplômé en droit et en management culturel. J’ai ensuite travaillé pour des services clientèle et j’ai atterri dans le marketing en 2003. Mais depuis 3 mois, je m’occupe exclusivement de l’organisation de « The 3 Million ».

C’est quoi « The 3 Million » ?

Après cette annonce du Brexit, je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose. J’ai donc organisé une réunion publique à Bristol, là où je vis. Au début elle s’adressait aux Français, mais je me suis dit que tous les Européens étaient concernés. L’invitation a donc été changée. On a eu 200 personnes de Bristol avec seulement 5 jours de promotion. A la sortie, beaucoup sont venus me voir pour me dire qu’il ne fallait pas s’arrêter là.

C’est là qu’est née cette organisation ?

On est 3 millions d’Européens. Dans cette formule, le mot citoyen n’est pas anodin. Nous avons des droits. Nous sommes arrivés dans ce pays de bonne foi pour y vivre, suivre son conjoint, étudier et certains ont même fondé une famille. Le vote de la sortie de l’Union Européenne est ressenti de manière très injuste, vu qu’on va nous retirer nos droits sans nous demander notre avis. Après cette première rencontre, on s’est dit qu’il fallait créer une communauté.

C’est quoi l’idée ?

Nos droits sont dérivés des droits européens, ils vont disparaître au moment de la sortie du Royaume-Uni. Il faut une réponse législative pour leur maintien. On a très vite choisi d’orienter notre action vers du lobbying pour faire en sorte d’avoir une voix et pour que le gouvernement de Theresa May puisse comprendre quelle est notre position et, si possible, y répondre positivement.

Comment cela se traduit ?

On a créé un site internet, un groupe sur Facebook, « Forum for EU Citizens » et une page d’informations « The 3 Million ». Ensuite, nous souhaitons que le gouvernement britannique garantisse nos droits avant que l’Article 50 ne soit invoqué. Ces droits ne doivent pas être au cœur d’un chantage, à savoir une garantie de nos droits contre celles des Britanniques vivant ailleurs en Europe.

Vous parliez de lobby. C’est-à-dire ?

On organise lundi 20 février un mass lobbying, procédure démocratique autorisée par le Parlement. On va se rendre à Westminster, on espère être 200 à 300 personnes et ainsi chacun pourra interpeller les parlementaires en demandant le dépôt d’un amendement. Le but est de faire pression sur le gouvernement.

Existe-t-il de vraies chances que ça passe ?

Oui, on sait que le gouvernement britannique étudie la question et on a construit un argumentaire solide. Plus on fait du bruit, plus on montre notre unité, et si on a le soutien de la société britannique, plus on aura de chance.

Et ensuite ?

Outre la garantie de nos droits, nous souhaitons que le gouvernement mette en place un statut particulier pour les ressortissants européens venus s’installer avant la concrétisation du Brexit. Cela doit passer par une loi que l’on veut le plus tôt possible.

Entretien réalisé par Leila Lamnaouer

www.the3million.org.uk

 

 

Partager Retour

à voir également