Dayuse: réserver une chambre d'hôtel à Londres pour quelques heures en journée, c'est possible !

Dayuse: réserver une chambre d'hôtel à Londres pour quelques heures en journée, c'est possible !

le 24.01.17

Qu’est-ce que c'est "Dayuse" ?

C’est une plateforme permettant  la commercialisation de chambre d’hôtel en journée ou en soirée à un tarif préférentiel.

Comment est née l’idée ?

Je travaille depuis 15 ans dans l’hôtellerie haut de gamme. Avant de m’orienter dans une hôtellerie plus indépendante, avec la famille Costes. J’ai d’abord été le bras droit sur « le Coste K » dans le 16e arrondissement de Paris, puis j’ai pris la direction de l’hôtel « Amour », où m’est venue l’idée. L’établissement  est un hôtel non étoilé mais hyper branché et luxueux à Paris,  il y a beaucoup de stars qui viennent. Le lieu recevait des demandes quotidiennes soit par téléphone ou en direct de clients qui voulaient réserver seulement pour quelques heures. Je l’ai fait pendant plusieurs mois sans trop me poser de questions, même si je ne pouvais pas satisfaire toutes les demandes, car l’hôtel ne compte que 24 chambres, dont certaines étaient souvent déjà occupées pour des séjours plus longs. Je ne pouvais donc faire que 3-4 "Dayuse" par jour.

C’est donc là que vous avez eu cette idée de réindustrialisation ?

Un jour, par curiosité, je suis allé faire un petit tour sur Google. J’ai tapé les mots clés "chambre journée", "hôtel quelques heures", "hôtel après-midi"... J’ai vu qu'aucune plateforme n’existait. Je me suis dit que c’était peut-être un service qui avait été involontairement délaissé par les grandes centrales de réservation classiques. En creusant un peu, je me suis rendu compte qu'il y avait quelque chose à faire et comme on était pionnier sur le sujet,  on n’avait aucune donnée, aucune profondeur de marché potentiel. Au départ, c’était un vrai parti, j’ai monté "Dayuse" avec un capital de 4000 euros. Et il y a eu une éclosion très rapide dès l’année 2011, année de création.

Et depuis, le chiffre d’affaires s’élève à combien ?

Beaucoup de médias ont parlé de nous. Fatalement, la première année,  je faisais un chiffre d’affaires d’un million d’euros. On a embauché pour exporter le modèle à l’international. En dehors du périmètre francophone (France Belgique et Luxembourg), le premier pays étranger où on s'est développé à été l’Angleterre.

Depuis quand êtes-vous présent à Londres ?

Depuis 2012, soit 5 ans.  

A Londres, le système marche bien alors ?

C’est un service qui s’adapte à chaque marché. En Angleterre, on a une segmentation qui se répartit de la manière suivante : 40% sur le segment loisirs autrement dit les couples et les familles, 30% sur la partie "corporate" à savoir des hommes ou des femmes d’affaire qui ont besoin d’espace à l’abri des regards pour négocier des contrats, pour travailler, préparer une réunion, ou encore on travaille par exemple avec des grands distributeurs cinéma pour toutes les "junkets" pour la promotion de films, interviews d’artistes, et enfin 30% pour la partie travel, qui concernent surtout les établissements près des gares ou aéroports : on a une couverture très importante entre les personnes qui ont un retard de vol ou une annulation de vol. On travaille aussi avec des compagnies aériennes pour reloger leurs clients.

Outre Londres, vous êtes présents dans d’autres grandes villes du Royaume-Uni ?

Oui, comme à Manchester, Leeds… On a un très bon maillage.

Ce sont plutôt des hôtels haut de gamme ?

On compte aujourd’hui 3000 hôtels sur la plateforme, on travaille avec des chaînes hôtelières internationales mais aussi avec des indépendants, et c’est d’ailleurs cette activité-là que l’on veut privilégier. On a fait un choix, la majorité des clients qui viennent chez nous, ce sont soit des "corporate", soit des particuliers et là c’est plutôt des CSP+. Pour pouvoir s’offrir une chambre de 3-4 heures en pleine journée, ça sert rarement à un employé classique, et le prix moyen est autour de 80-90 euros. On a fait un choix de ne prendre que des trois à cinq étoiles. 

Quelles perspectives d’évolution ?

On va plus loin dans les services. On veut proposer, et on va commencer à le faire à Londres prochainement, un nouvel usage : le « Daycation ». Autrement dit on va commercialiser les infrastructures intérieures et extérieures des hôtels pour une clientèle locale mais aussi de voyage. Par exemple, vous habitez à Londres, vous avez envie d’aller à la piscine en journée. Si vous voulez y accéder aujourd’hui dans un hôtel, il faut obligatoirement réserver une chambre. "Daycation" va alors proposer un accès à la piscine, au spa, à la salle de fitness, et ainsi rouvrir les portes de l’hôtel à la clientèle locale, mais aussi récupérer la clientèle "Airbnb". Les professionnels ont perdu 10 à 15% de leurs clients partis vers l’économie collaborative pour des raisons multiples. Avec ce système, ces clients reviendront consommer l’hôtel différemment. 

Entretien réalisé par Leila Lamnaouer

(Photo: The Suite West London)

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