Qualité de l'air dans Londres: la situation est critique
 ACTU

Qualité de l'air dans Londres: la situation est critique

Selon la loi en vigueur dans le pays, les niveaux de dioxyde d'azote ne doivent pas dépasser 200 μg/m3 plus de 18 fois en une année. Or, ce seuil a été largement dépassé à Londres entre le 1er et le 5 janvier derniers. Au cours de l’année 2016 déjà, selon certaines informations, plusieurs zones de la capitale avaient pulvérisé ce taux de pollution, comme à  Putney High Street, le dépassant plus de 1200 fois. L’organisme London Air, chargé de faire des relevés toutes les heures, l’avait d’ailleurs souligné.

Un taux de pollution critique donc dans la capitale anglaise, qui pourtant dès 2003 avait pris des dispositions pour lutter contre la mauvaise qualité de l’air, notamment avec la mise en place d’un péage automobile (la « Congestion tax » qui s’élève à £11.50 par jour, du lundi au vendredi de 7h à 18h) dans le centre.

Mais cette mesure ne suffit plus visiblement. Comme l’a souligné Tony Travers, conseiller du maire de Londres et chercheur à la London School of Economics, dans un reportage diffusé en France, "certes, le nombre de voitures individuelles a baissé, ce qui a libéré de l’espace. Espace occupé dorénavant par des bus, des camions de livraisons, des taxis… Ceux qui pensent que mettre plus de bus est la solution ont tort". Car plus de bus égal plus de bouchons. "Il faut un meilleur service, moins de bus mais plus ponctuels".

Selon certains chiffres, près de 6000 personnes mourraient prématurément tous les ans à Londres à cause de la mauvaise qualité de l’air. Pour faire face à ce fléau, le maire, Sadiq Khan, élu il y a un peu plus d’un an, a décidé de prendre des mesures plus radicales, en augmentant le budget annuel alloué à la lutte contre la pollution à 875 millions de livres sterling avec entre autres pour priorités la création de dix nouvelles zones de bus à faibles émissions, la volonté d’interdire les voitures diesel dans le centre (projet semblable à d’autres capitales mondiales comme Madrid, Athènes ou Mexico City, et même Paris)…

Des mesures qui rappellent une autre. Il y a 60 ans, alors que la ville de Londres avait été plongée dans un épais nuage de pollution, faisant des milliers de victimes, le Premier Ministre de l’époque, Winston Churchill, avait interdit le chauffage au charbon dans les maisons.

Sur les autres moyens alternatifs à la voiture, la capitale anglaise est un peu à la traîne. Il existe en effet aujourd'hui peu de pistes cyclables dans la ville pour faciliter les déplacements des vélos et mettre ainsi en sécurité les cyclistes, très vulnérables dans la circulation londonienne. De nombreuses personnes ont d’ailleurs perdu la vie à cause du manque de visibilité de la part des conducteurs automobiles ou de bus. 

LEILA LAMNAOUER 

© David Holt - novembre 2016

Partager Retour

à voir également