La vie privée de l’Underground

La vie privée de l’Underground

le 04.10.16

Née à Paris, en 1963, de parents Algériens. Zineb Sedira a, dans le sang, les gènes de la résistance. L’artiste a grandi entre-deux : deux cultures, deux langues, donc deux histoires. Zineb est une artiste du mouvement. Elle capture et filme des œuvres qui servent la migration, le déplacement et la mémoire. Ses créations, exposées sur la Victoria Line, dévoilent au public la vie privée de  l’“Underground”.

Gare de King's Cross. Quatre écrans diffusent un film, en boucle. Des images, des couleurs, mais surtout le métro. Sous toutes ses coutures. Un petit peu plus loin, sur un pan de mur, un plan du métro. Il n’est pas comme les autres, il est fait à la main. Il retrace toutes les lignes, la “List of stations open on Christmas day. 1977”. Au-dessus, encore un écran. Un homme, un certain Phil Roe, raconte une histoire, la sienne à priori. Il a travaillé pendant 42 ans dans les transports londoniens. Il leur a consacré sa vie et en a fait sa passion. Pendant tout ce temps, il a collectionné chaque plan, chaque carte qu’il a pu trouver. De temps en temps, il s’est amusé à les redessiner.

Le travail de Zineb Sedira commence ici. Un travail de témoignage et de transmission. “Je voulais montrer le privé au public, lui donner un côté poétique et dévoiler tout ce qu’il cache”. Alors Sedira a embarqué sa caméra. Dans la cabine du chauffeur, au dépôt, tout en suivant les lignes. Celles des rails, des câbles métalliques. La ligne jaune sur la plateforme et ses longs couloirs souterrains. À Euston, Brixton et sur toute la Victoria Line, des photos et courts métrages sont diffusés. Les affiches publicitaires ont même été piratées. Pourquoi ? “Pour attirer l’attention de ceux qui n’imaginent pas que derrière chaque rame de métro se cachent des gens”.

Camille Elarbi

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