“Aimer, c’est mourir à moitié”
 INTERVIEW

“Aimer, c’est mourir à moitié”

Carré sentimental dramatique sur fond pastoral. Une bourgeoise russe se trouve tiraillée entre le carcan social et l’impétus amoureux. « Deux femmes », c’est l’adaptation ciné de la pièce de Tourgueniev « Un mois à la campagne ». On se délecte d’y voir un Ralph Fiennes parlant un russe impeccable et l’on souffre avec l’actrice principale, qui ne sait comment faire face à l’ouragan que produit en elle l’arrivée de ce jeune précepteur sous son toit. Sylvie Testud, sa gouvernante dans le film, nous raconte tout.

Vous jouez en russe ! Comment ca s’est passé ?

J’ai dû apprendre 30 phrases en deux mois. D’ailleurs, il ne m’en reste rien du tout !

Et Ralph Fiennes, également, avec le rôle principal.

Oui, et lui, il n’a absolument aucun accent. Il a d’ailleurs pris des cours spécialement pour le film.

Qu’est-ce qui vous a séduit dans ce film ?

Déjà ca ressemble à La Mouette, c’est un univers très chouette. Et puis surtout, que ce soit fait par des Russes et en russe ! Ca nous change des (elle exagère l’accent francais) “Na-ta-lia Pe-tro-vna”!

 

Comme on le voit dans le film, le sentiment amoureux et la convention sociale, dans la Russie du début XIXe, ca ne fait pas bon ménage…

“Aimer, c’est mourir à moitié.” Voilà le fond du film. La convention, le statut, le code de l’honneur (surtout en Russie !), étouffent les protagonistes. C’est la bataille de la raison contre la ferveur. Mais d’un autre côté, lorsque les choses s’appaisent, elles perdent de leur saveur.

En quelques sortes, si on s’abandonne à l’amour, on perd son rang social ?

Ralph est une sorte d’amoureux conventionnel. Il s’accomode très bien de sa femme, dans son rang social. C’est elle qui, à un moment, sent qu’elle perd le contrôle. Si elle cède à l’amour, c’est tout son foyer et son rang qui volent en éclat. Tout détruire, c’est le prix à payer pour accéder à l’amour.

Alors que pour vous, gouvernante dans le film, c’est l’inverse ?

C’est exactement l’inverse : c’est le mariage qui pourrait lui faire accéder au rang social.

Dans la thématique de “Raisons et sentiments”, “Roméo et Juliette” ?

Oui, ce qui est sublime dans la littérature c’est cette quête de l’amour absolu auquel on n’a pas accès à cause d’une société trop rigide, ou, comme dans la Russie d’un code d’honneur qui restreint jusqu’au déglingage. C’est pour cela que l’on pense que l’amour tue.

Le film sort en ce moment au UK, mais sur quoi êtes-vous en train de travailler en ce moment ?

J’écris un livre qui s’appelle Coquotte Minus, sur l’incapacité à élever ses enfants !

Propos recueillis par Sidonie Gaucher 

 

Deux femmes
Réalisé par Vera Glagoleva, avec Ralph Fiennes, Sylvie Testud, Larisa Malevannaya
Sortie le vendredi 16 septembre 2016 au UK.

Partager Retour

à voir également