Osez Osez  ODEZENNE
 INTERVIEW

Osez Osez ODEZENNE

Eau de Zen ? Ode Zen ? O2N c’est une formule chimique ? C’est quoi ce nom ?

Alix : C’est une dédicace à Madame Odezenne, la proviseur du bahut dans lequel j’ai connu Mattia. On s’est dit que ça sonnait bien. C’était une blague au départ et puis c’est resté.

Votre indépendance, c’est un choix ?

C’est surtout un concours de circonstances. On envoyait nos démos mais on n’obtenait pas de réponse. On a donc décidé de créer notre label et tout faire nous-mêmes.

Justement, votre label ‘Universeul’ c’est parce que Universal ça fait trop “univers sale”?

Oui, on peut le voir comme un pied de nez mais c’est plutôt en lien avec un univers singulier. Un monde que l’on décline dans notre musique, nos vidéos, notre état d’esprit. Et trouver les moyens de déployer un univers à nous tous seuls. Ambitieux !

L’indépendance appelle-t-elle la transgression ?

Je dirais plutôt que l’indépendance appelle l’imagination. Comme on a moins de budget pour se faire entendre, la meilleure arme c’est la réinvention. Par exemple, on ne met pas notre nom. On prend les pochettes ou les affiches de promo comme un terrain de création à conquérir. Cette imagination a été poussée par l’indépendance car il faut être plus performant avec moins de moyens.

En quelques sortes, vous faites de la musique du producteur au consommateur.

C’est vrai qu’on fait tout ! Il y a un côté “maîtrise de la chaîne de production”, de la composition à l’enregistrement, au mixage, au mastering, aux promotions… On produit aussi nos clips. Même si parfois on va s’aider d’un distributeur ou d’un attaché de presse, on est vraiment l’artisan de chacune des étapes.

Avez-vous une recette de création ?

On crée les conditions de l’isolement. Pour notre dernier album Dolziger Str.2, on est parti tous les trois à Berlin, par -18°C. On s’est créé un nid hermétique au monde extérieur.

Le danger, c’est plus la notoriété ou le public ?

Entre les deux, le plus dangereux n’est pas nécessairement la notoriété. Car une fois que tu as atteint ton public, il ne faut pas tomber dans l’écueil de lui servir ce qui lui plaît. On est constamment en train de se réinventer et on sait qu’on fera des heureux et des déçus. Il faut s’en détacher, sinon on aurait fait quatre fois le même album.

Comment se passe le mélange irrévérence / notoriété ? Serez-vous toujours “les pygmalions des rappeurs sans million” ?

Cette phrase, tirée d’un ancien album, sonnait bien à ce moment-là dans ce texte-là. Ça fait bien longtemps qu’on ne fait plus partie de cette scène, d’ailleurs on voit clairement l’évolution de notre style musical. Il n’y a absolument rien de rap dans notre dernier album, mais il en a peut-être gardé l’essence, l’irrévérence. Ce regard un peu froid, ou le désir d’être au plus près de la sensation, de ne pas tricher.

Quelle est l’évolution au cours de ces 5 albums ?

Je ne sais pas. C’est surtout trois potes qui font de la musique ensemble. L’album qu’on préfère, c’est Dolziger Str.2, et tant que ce sera comme ça, on continuera. 


Propos recueillis par Sidonie Gaucher

Odezenne revient en concert si vous le souhaitez, rendez-vous ICI.

Un livre :

Le dernier que j’ai lu, Les enfants de choeur de l’Amérique de Héloïse Guay de Bellissen

Un film :

Donnie Darko de Richard Kelly

„Un album :

Salad Days de Mac Demarco

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