Avoir 20 ans à Londres avec Paul
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Avoir 20 ans à Londres avec Paul

Mathilde Riboulleau le 10.07.18

Paul est un jeune rennais de 24 ans, qui a décidé de venir à Londres un peu sur un coup de tête. Après avoir fait une école de design à Rennes, et en travaillant en parallèle en tant que barman, il se rend compte qu’il rêve d’exercer dans le monde de la nuit « je préfère travailler derrière un bar jusqu’à 4 heures du matin plutôt que de travailler sur mes maquettes et mes plans ». C’est alors qu’il commence à mettre la main à la pâte pour réaliser son métier idéal : barman professionnel. Il entre alors en école d’hôtellerie pendant un an pour une remise à niveau à Rennes « je me suis dis qu’il fallait que je me professionnalise dans le monde du bar, car c’est ce que j’aime faire par dessus tout ». 

Traverser la manche pour réaliser son rêve 

Il entre ensuite dans une école pour devenir barman, et il se dirige vers la meilleure école pour apprendre à faire des cocktails : Londres, « c’est la capitale du cocktail donc je me suis dis, allez, je me lance ». Il part un peu sans réfléchir, se disant que Londres n’est pas une ville à l’autre bout du monde mais qu’il sera un peu dépaysé. Il ne se pose même pas la question d’une autre ville, pour lui c’est évident, il doit aller dans la capitale britannique. 

Deux mois après, il est installé dans une petite chambre au Nord de Londres vers Camden. Il trouve un travail en deux semaines dans un petit bar à cocktail à Angel « c’était super sympa comme job mais mon salaire était beaucoup trop petit pour me permettre de rester à Londres et vivre convenablement ». Sept mois après, grâce à l'application JobToday, il retrouve du travail en un clic à Bone Daddies, un restaurant de Ramen vers Victoria, où il travaille encore aujourd’hui, en tant que head barman, avec un contrat de cinquante heures par semaine. 

Londres : une ville ouverte à tout et à tous 

Si Londres est une capitale « open minded », ce n’est pas forcément ce qui a poussé Paul à venir ici, mais le français se dit très épanoui dans une ville qui accepte chaque citoyen quel qu’il soit « la mentalité est totalement différente qu’en France, les gens ne critiquent pas. Ici tu peux être habillé de manière excentrique sans jamais être jugé, tu peux te trimballer avec un jupe dans le tube à Londres, tout le monde s’en fout ». 

Paul a participé ce samedi 7 juillet à la Pride de Londres. Il décrit s’être retrouvé au milieu des drapeaux anglais, des drapeaux Raimbow Colors, des drapeaux de toutes les nationalités, et des gens de tous les milieux, sexualités ou cultures, « il n’y a pas de regards malveillants comme parfois en France, tout le monde est mélangé dans la même ambiance ». C’est une Pride particulière de part l’ouverture d’esprit et la grandeur de la ville. Mais enfin, Paul en est persuadé, lui n’a jamais eu ce souci, mais pour ceux qui habitent en France et qui ont du mal à assumer leur sexualité, Londres est un bon tremplin. Comme il l’affirme en souriant «  le combat n’est pas fini ». 

Parfois plus anglais que français 

Depuis que Paul est à Londres, le jeune homme se sent très intégré mais «ce n’est pas si compliqué car il y a beaucoup d’expatriés ici ». Il est arrivé ici seul, a pris des cours d’anglais, ne connaissait personne, mais pour lui, la ville est tellement cosmopolite, qu’il est facile de se faire accepter. Néanmoins, il rigole en disant « j’ai parfois envie d’être anglais quand je vois le gouvernement français ». L’herbe est toujours plus verte ailleurs, mais lorsque le jeune homme retourne voir sa famille il ressent quelque chose d’étrange « je ne dis plus que je rentre chez moi, je dis que je rentre en France. Et quand je reviens à Londres, je dis que je rentre à la maison… ».

Après avoir changé d’appartement trois fois en un an et demi, Paul vit aujourd’hui en colocation à Canning Town, avec un jeune expatrié chypriote rencontré sur un site de rencontre. Pour plus tard, il n’a pas de projet précis, à part s’améliorer dans le milieu du cocktail. Néanmoins, le jeune breton souhaiterai peut être aller vivre au Québec ou aux Etats Unis après Londres. Mais comme il l’affirme: «pour l’instant, je suis ici et je suis très heureux ». 

 

Ses trois endroits favoris à Londres : 

- Sushi Samba 

- Les bars speakeasy 

- Camden Town 

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