4 questions à Raymond Depardon

4 questions à Raymond Depardon

le 09.06.16

Quel est votre sentiment d’avoir été choisi par Martin Parr
Je suis très surpris parce que ce matériel est un peu inédit, jamais publié et exposé qu’un peu au Grand Palais. C’est bien qu’il refasse surface 35 ans après  Je suis très fier que Martin Parr l’ait choisi pour cette manifestation extrêmement innovante : demander à des photographes étrangers une vision d’un pays. Les Etats-Unis et la France n’en sont pas là malheureusement, il y a toujours la peur du regard des étrangers, l’Angleterre est très forte pour ça.

En quoi ce travail écossais est-il différent de vos travaux orientaux? 
Cela avait été pour moi un choc, je revenais de 10 ans d’Orient, de Tchad, d’Afghanistan. j’avais beaucoup bourlingué comme photographe mais arrivé à Glasgow, ce fut assez surprenant car c’est le contraire de Beyrouth et, au fond, c’était magnifique car nouveau. Et si j’avais habité Glasgow, je n’aurais jamais vu ça de la même manière. 

Justement quel est ce regard? 
Un regard neuf, un peu naïf, un peu simpliste. Après on le perd, au bout d’un certain temps, quand je retourne dans les pays que j’aime beaucoup, je n’y vois plus rien. Les ethnologues, comme Levi-Strauss arrivent à rester 2/3 ans sur place ,après je pense qu’il y a saturation et qu’on ne voit plus les petits gestes du quotidien. C’est un reportage qui donne beaucoup d’espoir pour tous les jeunes photographes car il ne suffit pas d’être spécialiste, au contraire, il faut regarder, d’un regard pur et très simple. 

Comment avez-vous réalisé cette série? 
Je n’avais qu’un boîtier, je marchais beaucoup, beaucoup, je n’arrivais pas à me repèrer dans la ville. Il me fallait du vivant et  trouver les gens ,et la langue est assez problématique, surtout au début. Ce sont les enfants qui sont venus à  ma rencontre en premier, ils se fichaient de mon niveau d’anglais. Ils m’amenaient dans leur repère et étaient acteurs et témoins. C’est une belle expérience.

Propos recueillis par Solène Lanza

Jusqu’au 19/06, Barbican Art Gallery, Barbican Centre, Silk St, EC2Y 8DS métro : Barbican. Prix : £8/£12.

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