Réchauffement climatique : Londres bientôt sous les eaux ?
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Réchauffement climatique : Londres bientôt sous les eaux ?

Nadège Alezine le 21.02.18

Selon une étude de l’université de Newcastle sur les conséquences du réchauffement climatique, Londres pourrait connaître de plus en plus d’inondations dans le futur. Explications.

Le réchauffement climatique peut être considéré comme "fake news" par quelques climatosceptiques mais la communauté scientifique dans sa grande majorité continue d’apporter les preuves que ce phénomène est bel et bien réel et irréversible.

Une étude de l’université de Newcastle a analysé les altérations météorologiques que pourraient connaître certaines villes européennes dans le futur (entre 2050 et 2100), notamment au niveau de la récurrence des inondations, sécheresses et vagues de chaleur. Trois scénarios possibles et trois niveaux d’alertes ont été décelés : bas, moyen et haut impact.

Mais même les prévisions les plus optimistes de cette étude, prévoient que 85 % des villes du Royaume Uni traversées par un fleuve, dont Londres, devront faire face à de sérieux risques d’inondations.

Les autres villes britanniques les plus touchées par les inondations dans ce cas de figure seraient Cork, Derry, Waterford, Wrexham, Carlisle, Glasgow, Chester et Aberdeen.

Londres engloutie ?

Suite aux graves inondations qu’a subi Londres en 1953, il a été décidé par les autorités de suivre le rapport de Sir Hermann Bondi sur le sujet et de construire des barrières anti-inondations sur la Tamise. En 1984, la Thames Barrier est inaugurée par la reine Élisabeth II et depuis, elle protège Londres et ses alentours des inondations venues de grandes marées de la mer du Nord.

Mais qu’en est-il de la hausse du niveau de la mer due au réchauffement climatique ? Les barrières sont censées être opérationnelle jusqu’en 2070 et se déclenchent quand le niveau de la rivière dépasse 4,87 mètres dans le centre de Londres. Depuis leur mise en service, elles ont été utilisées 179 fois.

« Ces recherches mettent en évidence le besoin urgent d’adapter et repenser les infrastructures de nos villes face à ces futures conditions. » Explique le professeur Richard Dawson de l’université de Newcastle.

Plus d'1 millions de londoniens concernés

D’après un rapport le London Environnement Strategy, ces barrières protègent Londres à un haut niveau contre les inondations et les grandes marées mais les territoires en amont de la rivière restent moins protégés que le reste. Cela représente près de 37 359 habitations et 1 million 250 000 personnes concernées par d’éventuelles inondations. Sachant que les études scientifiques prévoient une montée du niveau de mer de 9 mètres entre 2000 et 2100, une partie de la ville pourrait se retrouver sous les eaux.

Mais d’autres risques existent, notamment le débordement des égouts de Londres, suite à de gros orages, qui pourraient aussi être source d’inondation. Le système d’égout datant de l’ère victorienne n’est plus adapté et la diminution de terrains perméables pouvant absorber l’excès de pluie dans la ville pourraient être des facteurs aggravant la situation.

Des solutions ?

Les nations unies et son panel intergouvernemental sur le climat (IPCC) ont reconnu l’importance du rôle des villes en matière de lutte contre changement climatique et le mois prochain, ils organisent la première conférence sur les villes et le climat au Canada.

« L’objectif principal de cette conférence » explique le Professeur Dawson, qui dirige le comité pour la conférence IPCC « c’est de préparer nos villes, nos populations, nos bâtiments et infrastructures au changement climatique en réunissant tous les acteurs concernés par ce problème urgent. »

 

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