Un Français derrière Pop Brixton et Peckham Levels
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Un Français derrière Pop Brixton et Peckham Levels

Nadège Alezine le 20.02.18

Vous y êtes déjà sûrement allé faire un tour, Pop Brixton, c’est un village fait de containers maritimes en plein cœur de ce quartier du sud de Londres, à deux pas de la station de métro.

Avec des stands de street food mais aussi des boutiques, un barbier mais aussi des espaces dédiés aux petites entreprises locales, ce qui devait être un pop-up éphémère lors de son ouverture en 2015, devrait encore occuper cet ancien parking désaffecté jusqu’en 2020.

En tout cas, c’est ce qu’assure Philippe Castaing, directeur commercial chez Make Shift, la société qui gère ce centre commercial pas comme les autres.

Et oui, il y a bien un Français derrière Pop Brixton et Peckham Levels, le second projet de Make Shift ouvert fin 2017 et un Rochelais même. C’est Philippe Castaing, la quarantaine saillante, qui vit et travaille à Londres depuis 1995. Résident de Brixton depuis des années, il y a précédemment ouvert deux affaires, l’Opus café et Upstairs, une brasserie chic à la française.

Fort de ces expériences passées, il a pu mettre ses compétences d’entrepreneur au service de Pop Brixton tout d’abord puis de Peckham Levels à travers Make Shift.

Très impliqué dans le tissu économique de son quartier, en 2014, il propose à l’autorité locale de Lambeth de redonner vie à un parking désaffecté de Brixton en y créant un centre commercial éphémère à la place, ce qui deviendra Pop Brixton, ouvert en 2015.

Talents locaux

Philippe Castaing travaille alors main dans la main avec plusieurs partenaires sur ces deux projets qui mêlent économie locale et solidaire.

Make Shift chapeaute ces deux projets innovants mais laisse une belle liberté de gestion à ces deux espaces tournés vers la mise en valeur des talents locaux notamment ceux de Brixton.

« Brixton possède une histoire complexe : le quartier a eu mauvaise réputation pendant des années notamment à cause des rixes des années 1980. »

Mais c’est avec ce genre de projet qui touche toutes les couches du tissu local que Brixton se refait une réputation : un quartier jeune et gentrifié.

C’est avec l’architecte Carl Turner et son idée de disposer des containers les uns sur les autres pour créer la structure de Pop Brixton que le projet a pris vie et est vite devenu en trois ans à peine, un lieu de vie et de rendez-vous des habitants du quartier.

200 emplois crées

Avec une station de radio Reprezent radio mais aussi 55 petites entreprises dont des restaurants, des boutiques, un barbier, des start-up, des designers, de stands de street food, des artisans qui sont tous issus du quartier de Brixton ou de l’arrondissement de Lambeth. C'est un vrai coup de fouet pour l’économie locale et participative avec la création de 200 emplois depuis le début de Pop Brixton.

« On a voulu créer un réel esprit de collaboration avec Pop Brixton. Tous nos adhérents doivent donner une heure de leur temps à la communauté par semaine à travers des ateliers, des cours, cela dépend des compétences de chacun. » Explique Philippe, qui connaît tous les recoins de ce village de containers comme sa poche.

Après Brixton, Peckham

En décembre 2017, Make Shift a ouvert au public son second projet au sud de Londres et dans un autre quartier en pleine gentrification : Peckham. Cette fois c’est un parking de béton abandonné qui se trouve en plein cœur de Peckham. Depuis 10 ans, Le Frank Café occupe le toit de ce bâtiment qui fut en son temps le parking d’un supermarché, fermé depuis.

C'est le reste des sept étages qui a été investi par Make Shift pour ce projet ambitieux qui occupe la totalité des 4 000 mètres carrés de Peckham Levels. Comme sur Pop Brixton, on retrouve tout ce qu’il faut pour se sustenter stands de street food, bars et restaurants mais aussi un coiffeur, Cahoona’s Hair Hub, le salon de la fameuse hair stylist des stars, Tracy Cahoon mais aussi un studio de yoga, Levelsix.

Côté gastronomie, Wildflower propose un menu 100 % végétarien et se transforme en salle de concert à la nuit tombée. Un peu plus loin, West sert un menu californien tandis que les frenchies du coin mettent du Canard dans leur steet food. On trouve même des pizzas vegan faites par des Italiens : Picky Wops.

Avec près de 70 créatifs dont 75 % sont directement originaires de Peckham, ce nouveau projet met en lumière la créativité et le dynamisme d’une communauté. Dans les quelque 53 studios à louer on trouve un peu tous les profils, des musiciens, des compositeurs, écrivains, illustrateurs mais aussi un studio de photographie et un grand espace de coworking: The Ramp.

« Nous défendons un programme pour aider les petits business locaux. Que ce soit à travers Pop Brixton ou Peckham Levels, ces deux entités sont des plateformes de lancement pour ces entrepreneurs, l’idée c’est qu’ils finissent un jour par partir et par voler de leurs propres ailes. » Appuis Philippe Castaing, qui travaille actuellement sur un tout nouveau projet dans l’est de Londres, non loin de Stratford et de l’ancien site des jeux olympiques de 2012.

 

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